I love America(na)

Chacun établit son programme à sa guise. En attendant, la plaine de Kiewit avait, pour nous, des petits airs d’Amérique ce jeudi, dès le début de l’après-midi, pour les débuts du Pukkelpop. L’Amérique caniculaire. Celle qui sue à grosses gouttes sous le soleil de Coachella. Festival dont le décor est planté au beau milieu du désert.

L’Amérique des grands espaces. Celle qu’ont évoqué sur scène Vetiver, Bon Iver, Port O’Brien et Wilco.

« Nous venons de jouer à Berlin et Paris. C’est définitivement ici qu’il fait le plus chaud. You are hot, » résument avec humour les premiers. Leur tête pensante Andy Cabic fait partie de la clique à Devendra Banhart et défend une indie folk americana tendance beatnik.

« 95% des ventes de Fleet Foxes et 70 % de celles de Grizzly Bear se font au nord du pays. Mais en ce qui concerne un Vetiver, c’est du fifty-fifty, » nous annonce-t-on du côté de la maison de disques. En même temps, les San Franciscains n’ont écoulé que 300 exemplaires de leur dernier album. À son image, le concert pourtant est probant. Ils signent au passage une reprise du « Hey Doll Baby » cher aux Everly Brothers. Comme par hasard, un duo de country et de rock américain. On n’imaginait pas la cote de popularité de Justin Vernon, alias Bon Iver, chez nous avant de débarquer dans un Marquee bourré. Avec des fans qui entonnent en chœur les paroles de ces merveilleuses et bouleversantes chansons qui peuplent « For Emma, Forever ago » et qu’il interprète avec autant de douceur que de fougue dans un bermuda du plus bel effet. Un disque dont on attend avec impatience le successeur.

La musique de Bon Iver, donc, évoque les grandes forêts du Wisconsin. L’Amérique enneigée. Port O’Brien rappelle plutôt l’océan. Ses membres n’appréciente pas trop le mot americana. « Nous le connaissons mais il nous énerve. Il est utilisé pour qualifier tout le folk indé actuel. Ce terme n’a aucun sens pour nous. Lil Wayne n’est pas moins américain que Bonnie Prince Billy. On ne trouve guère de rayons americana dans nos magasins de disques aux Etats-Unis. »

Two Gallants, Arcade Fire, Pavement, Bright Eyes, Nirvana… De toute façon, on pense succinctement à plein de choses devant Port O’Brien. C’est jusque-là la grosse surprise de la journée. Si le vieux single « I woke Up Today » suscite l’enthousiasme, le nouvel album bientôt dans les bacs, vaut le détour.

Un concert de Wilco aussi.

Pourtant, ce n’est pas la grande foule pour accueillir Jeff Tweedy et ses potes dont on recommande, encore une fois le dernier album. Comme tous les autres. C’est Chicago. L’Amérique plus citadine.

Les solos obsédants et répétitifs. On pense de temps en temps à Television.

« Je dédie cette chanson au groupe qui joue après nous mais je ne sais pas de qui il s’agit, » lance Tweedy avant « Heavy Metal Drummer ». Personne ne le sait. Mais on le devine. Le « surprise act » dont le secret a tout de même été relativement entretenu, c’est Them Crooked Vultures. Le trio composé de Dave Grohl, Josh Homme et John Paul Jones. On vous raconte tout sur Frontstage. Des surprises, il y en aura d’autres.

JULIEN BROQUET


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