Patton, sa canne et son mégaphone

fnm-1.jpgIls ont remis le couvert onze ans après leur séparation, les furieux de Faith No More, et ils ont bien fait parce qu’on ne s’est pas ennuyé une seconde, jeudi du côté de la main stage. Mieux qu’un best of, la bande à Patton nous a servi un show d’enfer, un vrai, aussi musical que physique.

Rideau rouge en fond de scène, c’est classe. Le groupe arrive, dans un magnifique ensemble de costumes pastel, rose blanche à la boutonnière. Classe aussi. On referait bien un Tarantino, avec du Mister Cream, du Mister Blue et du Mister Green dans l’histoire, tiens. D’autant qu’ils ne manquent pas d’humour non plus puisqu’ils entament leur Pukkelpop comme ailleurs par un gros clin d’œil, une ballade kitsch à souhait mais tellement de circonstance : Reunited, un tube de Peaches & Herb exhumé de la fin des années 70.

Après, bien entendu, c’est fini de rire: Billy Gould, calvitie naissante, coince sa basse sur les cuisses, John Hudson fait cracher sa guitare et c’est tout un pan d’histoire du rock des années 80 et 90 qui défile. Entre José Garcia époque DeNiro et le Joker de Batman, Mike Patton est aussi en voix qu’en forme malgré cette canne qu’il empoigne de temps en temps. Les caméras cadrent régulièrement sur son visage : sur les grands écrans, c’est un régal que de le voir froncer les sourcils ou afficher un sourire diabolique. Ses interventions sont toujours délicates. Quand, par exemple, il interpelle le public pour qu’il l’accompagne en claquant des doigts sur le final d’Evidence : « Allez-y, c’est cool ! Vous avez l’air cool. Je peux sentir vos aisselles, et j’aime ça. » On n’aura pas trop le temps de se marrer sur ce coup-là, c’est Surprise, You’re Dead et ses lyrics débités en mode supersonique qui déboulent ensuite. Alternant les plages tranquilles mais pas moins théâtrales pour autant et les morceaux qui décoiffent, Faith No More passe d’un Easy (merci aux Commodores) sur lequel les fans font des « whooo hooo » à un Midlife Crisis très tribal… interrompu par un zozo qui tente un saut de la mort et se rétame méchamment sur le bord des barrières de sécurité, pile sous le nez des premiers spectateurs. Patton interrompt le morceau, lâche un « c’est complètement dingue », va voir comment se porte le cascadeur, retourne au micro, sifflote pour retrouver ses esprits, et en termine avant d’enchaîner sur le même tempo avec Epic.

Mike Patton, intenable, s’en prendra encore (pour rire) aux spectateurs rassemblés dans le frontstage. Il raille les « special people », avant d’aller se jeter sur eux, d’en bousculer quelques-uns, de se planter devant d’autres avec son micro, et de terminer en balançant un magnifique mollard sur l’optique d’une des caméras qui renvoient les images sur les grands écrans.

Festif et gonflé, donc, que ce retour sur scène d’un groupe jouant serré comme s’il s’était quitté la veille. En rappel, après le petit bout des Chariots de feu et Stripsearch, We care a lot, repris par des milliers de voix, fait office de dernière claque assénée par une tête d’affiche qui n’aura pas volé son statut.

Didier Stiers

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4 commentaires

  1. Pietou

    21 août 2009 à 16 h 27 min

    Merci le soir, je l’attendais depuis se matin, quel putain de concert. Excellent!

  2. zaza

    21 août 2009 à 23 h 28 min

    Ah ça ! Il faut bien avouer que c’est autre chose que la bande d’affreux emmenée par David Israël hein ! ;)

  3. michel

    24 août 2009 à 11 h 18 min

    Un show dantesque avec un mike à la croisée du joker (Feu heath ledger) et de J Depp (façon J Dillinger). Quel affolant organe vocal, jen tremble encore; un extra terrestre doublé d’un incroyable génie, un monde à lui tout seul, j’en ai encore les poils du bras qui se hérissent. A quand un DVD pérénisant pareil événement

  4. Laurence

    24 janvier 2015 à 18 h 41 min

    Je n’ai pas connu ce groupe du temps où il était réuni, ni maintenant d’ailleurs. Mais tout le monde dit que je devrais l’aimer vu mon genre musical. Je l’ai écouté et j’ai adoré.

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