Méfiez-vous de la hype

Don’t believe the hype. » Ne croyez pas la hype. L’expression est célèbre. En 1988, les rappeurs new-yorkais de Public Enemy mettaient déjà en garde contre le diktat des médias. Vingt ans plus tard, il existe même des hypemachines… Tout fout le camp et ça fait longtemps qu’Alex Turner l’a compris. Lui qui a repris l’expression à son compte avec pas mal de distance alors que ses Arctic Monkeys étaient emportés dans le tourbillon de la notoriété.

Les Arctic Monkeys, c’est un peu comment tirer profit de la hype sans en jouer le jeu. Et pour y parvenir, on a peu d’autres armes que le talent. Samedi soir, les mecs de Sheffield ont démontré, si le doute dans certains esprits subsistait, qu’ils sont là pour durer. Qu’ils ont la toute grande classe, définitivement un son du méchant. Et qu’ils ne sont toujours pas prêts aux concessions. Peu racoleurs, les Monkeys ont avant tout présenté Humbug, leur troisième album, sorti ce week-end. Réservant les miettes du concert à leurs tubes « Brianstorm », « I bet you look good on the dancefloor » et autres « Fluorescent adolescent ».

Overdose

La hype, c’est cette overdose de pub qui affole la blogosphère et les médias spécialisés, pour des raisons tantôt peu cartésiennes, tantôt purement commerciales. À ce petit jeu, la presse musicale britannique est aussi douée pour sacrer « next big thing » un groupe ou un artiste débutant que pour le descendre en flammes un peu plus tard.

Appelées à changer la face de la pop, du moins de l’avis des chroniqueurs d’outre-Manche, La Roux (Elly Jackson), Florence & The Machine (Florence Welch) et Little Boots (Victoria Hesketh) étaient programmées jeudi et samedi au Marquee, un chapiteau qui a à chaque fois fait le plein. Point commun entre ces trois prestations : ces filles débarquent précédées d’un buzz plus ou moins important, ont chacune un premier album tout neuf à leur actif, et les paroles des principales chansons sont déjà sur toutes les lèvres. Ce qui fait d’ailleurs dire à la première, manifestement conquise, qu’elle découvre un public comme elle n’en a pas eu depuis un moment.

La Roux aime l’esthétique eighties, préfère Tears for Fears à l’intégrale des Stones et des Beatles (sic), et chante avec une voix de tête sur des compositions électroniques bourrées d’énergie. Plutôt convaincant. La presse anglaise, elle connaît, forcément. « C’est une des choses que je hais le plus à propos des médias dans mon pays, s’emporte-t-elle pratiquement, à la fin de notre brève interview. Quand un artiste débarque avec un single à moitié décent, il est qualifié de “ next big thing”. Alors que c’est juste quelqu’un qui a écrit un titre et travaillé avec un producteur au nom ronflant. Six mois plus tard, tout le monde trouve le disque merdique. Ben oui, sauf qu’on aurait déjà pu le dire au départ si on avait utilisé son cerveau. Mais il semble que personne n’a envie d’attendre un album pendant six mois, ou de voir un live et de là, en tirer une conclusion intelligente. »

Du coup, peu lui importe de surfer sur la hype. Elle fait de son mieux pour l’ignorer. Tout comme, du moins elles l’assurent, Little Boots et Florence. Quid des victimes de la hype, alors ? La Roux tranche : « Si vous croyez ce qu’ont écrit sur vous quelques journalistes qui n’y connaissent rien, vous méritez ce qui vous arrive ensuite. »

DIDIER STIERS et  JULIEN BROQUET


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7 commentaires

  1. Philippe

    24 août 2009 à 11 h 05 min

    Super concert des Artic Monkeys ce samedi. le troisième album est plus surprenant mais est excellent. On sent l’influence des Last Shadows Puppets. J’espère que l’on va nous annoncer bientôt une date en salle pour l’automne. Ils sont au Zénith de Paris les 5 et 6/11. Il reste des places pour le 05

  2. tom

    24 août 2009 à 11 h 37 min

    Ils seront le 3/11 à anvers, les préventes commençaient ce matin

  3. Axl

    24 août 2009 à 11 h 51 min

    Quelqu’un aurait-il la setlist du concert des Arctic Monkeys ? Merci!

  4. Jean-Claude DUs

    24 août 2009 à 23 h 01 min

    Juste quelques précisions: La ROuw était programmée au Club et non pas au Marquee… Et son set était loin d’être fantanstique: alors que j’aime assez bien ses compositions, sa performance live ressemblait plus à un vieux play-back qui sonnait faux!

  5. ds

    25 août 2009 à 0 h 21 min

    Effectivement, La Roux était au Club, tout comme ses deux consoeurs d’ailleurs.

  6. Claire Fontaine

    10 janvier 2010 à 23 h 58 min

    Très bon article et bravo pour ce blog très bien tenu. Je vous met dans mon marque page.
    Apparemment c’est à Bruxelles que le Hype prend la plus grande ampleur, à ce propos je vous propose un article sur ce sujet “Bruxelles : capitale du Hype” sur ce lien: http://www.urbains.net/mode/bruxelles-capitale-du-hype/

  7. Zozozo

    11 janvier 2010 à 0 h 27 min

    Beau commentaire promotionnel pour votre site :-) )

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