I Love Techno, l’autre grand-messe électronique

boys-noize-3-ok.jpgEn été comme en automne, c’est à Gand que la musique électronique fixe rendez-vous aux amateurs et consommateurs du genre. Après les 10 Days Off de juillet, voilà que s’annonce, sur un format nettement plus « rave », l’incontournable I Love Techno organisé au Flanders Expo. Six espaces aux couleurs et donc aux atmosphères différentes, une capacité de 5.000 personnes pour chacun : c’est bien de grand-messe du dancefloor qu’il s’agira ce samedi !

Lancé en 95 en compagnie de Jeff Mills, Richie Hawtin et Daft Punk, l’événement a toujours eu pour politique de mélanger les prestations en live et les dj sets, les grands d’une scène aux multiples facettes, les pointures en devenir et les noms du cru. La recette est éprouvée, on n’y change rien. Dave Clarke, Laurent Garnier et Carl Craig apportent cette année leur caution artistique. Un Tiga, c’est l’assurance de faire salle comble. Luke Slater entérine son come-back entamé cet été en festival, et les Portugais de Buraka Som Sistema, leur statut de véritable découverte aux côtés des irrésistibles frenchies que sont Vitalic et les quatre platineurs fous de Birdy Nam Nam.

Si le terme « techno » fait toujours partie de l’intitulé de la manifestation (alors qu’aux 10 Days, on l’a gommé voici quelques années), elle n’est pourtant pas qu’un catalogue de productions entièrement soumises aux machines et aux beats implacables. La preuve cette fois avec Boys Noize, alias Alexander Ridha, programmé de 01h00 à 03h00 dans la Blue Room. L’Allemand de Hambourg installé à Berlin, dj depuis ses 16 ans et aujourd’hui à la tête de son propre label, s’est illustré comme remixeur. Revu et corrigé par ses soins, le My moon my man de Feist a provoqué plus d’un déhanchement !

Alexander débarque à Gand avec un second album sous le bras. Ne vous fiez pas à son titre : sur « Power » (distr. News), on découvre aussi bien des compos aventureuses que des plages plus paisibles. « I’m not techno », entend-on ainsi sur Nott… Ironie ? « Je n’ai rien contre la musique qui passe en boîte, assure-t-il. J’en écoute et j’en achète. Mais j’en avais marre d’entendre systématiquement les mêmes sons. Ces deux dernières années, on a assisté à un déferlement de compositions toujours inspirées, pour parler diplomatiquement, par les deux ou trois mêmes tubes. Ça me pousse à aller voir ailleurs, trouver de nouvelles motivations, me surprendre avec de nouvelles sonorités. » A l’écoute de Nott comme de quelques autres titres de ce « Power », on se surprend à penser à Kraftwerk. Cette voix trafiquée, notamment… « Oui… J’ai toujours été très fan de voix robotiques. Sur mon premier album, j’ai beaucoup utilisé la talkbox. Ce n’est pas un vocoder ! Après, pas mal de gens l’ont fait aussi, et du coup, pour moi, ce n’était plus excitant. J’ai cherché d’autres sonorités robotiques pour ce second album, et voilà ce que j’ai trouvé. » A découvrir plus amplement lors de cette quinzième édition d’I Love Techno. Rhida, qui compte parmi les habitués, y sera avec un dj set… différent. « Quand je mixe, explique-t-il sans trop en dévoiler, je joue mes morceaux mais aussi pas mal de disques d’autres gens, le tout sur quatre platines et avec une batterie d’effets. Ça me permet de surprendre ceux qui connaissent déjà les titres. » Techno rime avec fun, mais aussi avec technique.

Didier Stiers

Samedi 24 octobre.
Flanders Expo, Maaltekouter 1, 9051 Gand.
Ouverture des portes à 18h30, début des concerts à 19h00.
Infos et programme complet : http://www.ilovetechno.be/.

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