Première écoute de « Plastic Beach », le nouveau Gorillaz

Cela commence par une courte symphonie triste venue d’un autre monde. Et cela bascule rapidement dans un mélange hip-hop avec la collaboration de Snoop Dogg et d’Hypnotic Brass Ensemble, ainsi que de nombreux autres invités prestigieux : de la Soul, Mos Def, Lou Reed, Paul Simonon… Un mélange incroyable de genres et d’époques.
Le nouveau Gorillaz arrive ce week-end dans les bacs, il est en préécoute exclusive sur certains sites choisis. « Plastic Beach » présente un nouvel univers extraordinaire dans lequel Damon Albarn l’homme orchestre de Blur, et son complice dessinateur Jamie Hewlett emportent l’auditeur en le déroutant, à nouveau.
« Plastic Beach », c’est une île où se sont réfugiés les personnages dessinés de ce groupe virtuel qui en est à son troisième album. Un seul personnage, en réalité, subsiste : l’affreux Murdoch, ce « bad boy » illustrant Gorillaz depuis les débuts – et ce n’est sans doute pas un hasard vu la noirceur du propos… Une île composée de détritus humains, expression ultime de notre terre au bord de la rupture.
A écouter l’album, il est urgent de crier : « Peace ». Le troisième morceau, porté par les rythmes de l’Orchestre national de musique arabe, nous invite à le faire. Sauver la terre. Oublier la folie inconsciente des hommes… Qui traverse cet univers Gorillaz 3.0.
La voix de Damon Albarn apparaît, feutrée, sur le quatrième titre, le (légèrement) sautillant « Rhinestone Eyes ». Quelques murmures venus de la voix de Blur, trompeurs. Mais la tonalité générale de l’album déconcerte, peu évidente à la première écoute, multipliant les mélanges et s’éloignant du concept pop traditionnel pour s’enraciner dans le hip hop.
Les invités prestigieux y sont nombreux. Bobby Womack et Mos Def portent vers la fin du monde la mélodie sombre de « Stylo », single disponible depuis un mois en téléchargement. Suivi d’un « Superfast Jellyfish » où les voix de Gruff Rhys (Super Furry Animals) et de De La Soul s’en donnent à cœur joie – ils étaient déjà du premier Gorillaz. C’est l’un des seuls tubes formatés, que l’on se surprendrait vite à fredonner dans la rue.
Il y a de la mélancolie dans cet album, palpable dans les morceaux « Empire Ants » (avec Little Dragon ») – reflet du vide dans lequel nous vivons… -, « Glitter Freeze » (avec Mark E Smith, chanteur du groupe The Fall), « Some kind of nature » (avec l’immense Lou Reed en vocaliste vedette) pour culminer avec la bien nommée « Melancoly Hill ». Du hip hop dominant, donc, un son sale venue des années 1980, de la danse crasseuse et poisseuse : l’étonnant cocktail d’un monde en voie de disparition. Qui fait froid dans le dos.
Tout est plastic. Les rêves sont loin de nous. Et si on se laisse finalement aller, c’est en étant conscient des tourments qui nous entourent. Concept ultra-novateur avec son univers manga, Gorillaz est aussi et surtout un révélateur de notre époque. L’air du temps déconcerte avec ses allures de fuite en avant, ce nouvel album en témoigne, il déconcerte donc, lui aussi.
Si l’on dansera en écoutant « Plastic Beach », ce sera à reculons. Comme un « Moon walk » du 21e siècle aigre et dématérialisé. Ecoutez « Sweetstakes », avec Mos Def et l’Hypnotic Brass Ensemble, et vous comprendrez ce à quoi ce pas de danse peut ressembler…
« Plastic Beach ». Le titre éponyme, qui rassemble les survivants des Clash Mick Jones et Paul Simonon, sera définitivement l’hymne fondateur de cette atmosphère de fin de monde.
Murdoch, au nom de Gorillaz, annonce dans ses entretiens qu’il s’agit du dernier album du groupe. Normal, après lui, l’univers n’existera plus.

Olivier Mouton

le lien pour écouter Plastic Beach


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8 commentaires

  1. Bloup

    1 mars 2010 à 21 h 14 min

    Mes 1ères impressions, début de l’album prometteur avec une très belle intro classique, puis un morceau avec l’orchestre national de Marakech, très intéressant mais qui vire j’aime pas, puis qque plage de hein hein yéh yéh hein hein, hip hop aucun intérêt, tiens Damon Albarn chante enfin, ça va mais il a déjà chanté cela sur les albums précédents mais surtout sur la fabuleux album Think Thank de Blur, et là débarque Lou Reed qui nous chante une bonne blague, ça fera un single sur Pure FM, et pour la suite de l’album je n’y suis pas encore. Jusque là ben bof bof, je conseillerai de ne pas l’acheter mais c’est mon avis.

  2. 513

    3 mars 2010 à 2 h 47 min

    Assez d’accord sur l’analyse de Bloup, j’ai vraiment aimé le début du morceau avec instru arabe, puis c’est gâché par la reprise, j’aurais vu quelque chose de plus calme là-dessus.

  3. murdoc

    3 mars 2010 à 9 h 01 min

    Vraiment pas d’accord, sur ces critiques…
    L’album est déroutant certes, mais ces morceaux
    vous restent en tête et c’est là, toute la magie
    de Gorillaz…..Ce n’est pas UNE écoute qu’il faut
    mais quelques-unes.

  4. chatboum

    4 mars 2010 à 18 h 55 min

    oufti! quand je l’ai écouté les 2 premières fois, j’ ai cru à une blague, qu’un mec faisant de la musique chez lui sur pc avait mis ses morceaux en ligne sous le nom de gorillaz !!!c’est pas très accesible de prime abord, il y a vraiment des morceaux de merde et pour le reste je vais m’accrocher er reécouter… A la 1 ère écoute il y a quand même 2 ou 3 chouette truc… Et je suis pourtant grand fan de Damon !!!

  5. OL

    5 mars 2010 à 22 h 08 min

    écouté 3x, j’aime bien dans le genre lounge :D

  6. chatboum

    8 mars 2010 à 21 h 51 min

    Autant pour moi !!
    Après un autre we d’écoute, il n’y a plus qu’ un ou deux morceaux que je trouve moins intéressant mais pour le reste cet album a manifestement quelque chose de curieusement interessant…essayez-le patiemment et donnez votre avis !

  7. zaza

    8 mars 2010 à 23 h 04 min

    Le nouvel album de Gorillaz en vente dans la boutique du Soir : vous faites disquaire maintenant ?

  8. H.

    14 mai 2010 à 16 h 48 min

    On commence en douceur avec Snoop Dogg qui reste dans son style avant d’arriver au vraiment bon du cd. Disons que si l’on passe les 3 premières pour ceux qui préfèrent le “un peu plus calme”, ils seront ravis avec la fin du cd. Sweepstake est peut-être du même genre que le début.

    A partir de Rhinestones Eyes, ce n’est que du bonheur aux oreilles surtout avec “Some Kind of Nature” à écouter et réécouter en boucle à fond. Car il y a de la magie dans cette chanson…
    Un must have pour tous les goûts mais à ne surtout pas s’arrêter après 3 chansons car c’est avoir une très mauvaise image du cd !

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