Nouvel album pour Cypress Hill

cypress1.jpgCypress Hill publie son huitième album. Et le premier depuis 2004. « Rise up », c’est son titre, résume vingt ans d’obsessions musicales des Californiens. Rencontre exclusive, à New York, avec B-Real.

Un immeuble sur la très chic Cinquième avenue, ce mercredi, près de Washington Square. On devine presque les joueurs d’échecs qui passent l’après-midi dans une langueur toute printanière. Au troisième étage des bureaux d’EMI, la nouvelle firme de Cypress Hill, on nous fait patienter dans un immense hall où trône un sublime piano noir. C’est dans la salle de réunion du prestigieux label de jazz Blue Note que nous attend B-Real. Figure de proue de Cypress Hill depuis deux décennies, ce fils d’une mère cubaine et d’un père mexicain, est connu pour son flow nasillard, percutant et tranchant et pour son impressionnante présence scénique. Le succès du groupe de Sen Dog et de Muggs est aussi le sien. Avec près de 20 millions d’albums écoulés de par le monde, Cypress Hill s’est taillé une place à part sur l’échiquier musical. C’est de cela et de beaucoup d’autres choses qu’il est question dans l’entretien ci-dessous.

« Rise Up », le huitième album de Cypress Hill, est aussi le premier pour Priority Records, le label de Snoop Dogg. C’est un chouette patron ?

Affirmatif ! Snoop nous connaît depuis un sacré bout de temps. Il nous a à la bonne. Il a entendu parler que nous étions sans maison de disques et nous a proposé de signer chez lui. Notre contrat avec Sony Music s’est achevé avec le Best of. Et contrairement à ce que pensent pas mal de gens, nous n’avons pas vraiment arrêté depuis 2004. Nous avons chacun été occupés avec nos projets respectifs. J’ai moi-même sorti mon premier album solo Smoke N Mirror l’an dernier et j’ai fait un peu de production. Idem pour Sen Dog et Muggs. Ce qui ne nous a pas empêchés de venir en Europe et chez vous, en Belgique, lors des festivals d’été.

Ce nouvel album fait la synthèse de votre discographie… Pareil au niveau des textes où certains sont clairement engagés…

Cypress Hill n’aime pas se répéter. Pour la première fois, nous collaborons avec une kyrielle d’invités. C’est stimulant. Quant aux textes, ça ne me dérange pas, la couleur politique de Rise up. Il est surtout question de ne pas renoncer. C’est ce que raconte aussi « Give it anyway ». Si tu crois en quelque chose, en ce qui me concerne c’était la musique, tout est possible. Tout doit rester possible.

Votre parcours personnel en est la preuve. Vous avez frôlé la mort lors d’une fusillade lorsque vous étiez un gangster et c’est Sen Dog, qui vous a extrait de la rue. Aujourd’hui, certains vous considèrent comme un « grand frère ». Que voyez-vous dans le rétroviseur ?

Quelqu’un qui a trouvé dans la rue ce qu’il ne trouvait pas sur les bancs de l’école ou chez lui. Le coin où j’ai grandi à Los Angeles est l’un des plus dangereux de la ville. J’aime retourner de temps à autre à South Central. Je croise des visages familiers. Certains me nient carrément et considèrent que je suis un « vendu »… parce que je vends des disques. D’autres n’en ont strictement rien à foutre de ma tronche et de Cypress Hill. Les vrais potes, tes « bros », sont fiers de toi et super-contents de ce qui t’arrive. Si j’aime y retourner, c’est pour me rappeler d’où je viens. Et imprimer une bonne fois pour toutes que pour rien au monde, je ne referai marche arrière.

Nostalgique ?

De ma vie au sein de mon gang ? Non, pas vraiment. Par contre, des débuts du groupe, bien sûr que je suis nostalgique. Le tout premier concert de Cypress Hill, on l’a fait ici même, à New York. Au club dans lequel nous jouons demain soir (NDLR voir notre chronique du concert sur le soir.be/frontstage). Nous, les mecs de Los Angeles avec cette prétendue rivalité West Coast/East Coast, on débarque en ville avec un appétit d’ogre. C’était génial !

Activiste en faveur de la légalisation de la marijuana, quels arguments avanceriez-vous pour convaincre votre président ?

Je lui dirai qu’il est grand temps de légaliser parce ce marché brasse et génère des millions de dollars. Aux Etats-Unis, il y a 6 millions de consommateurs occasionnels ou réguliers. La légalisation couperait l’herbe sous le pied des trafiquants et renforcerait une économie qui en a bien besoin.

Album Rise Up (EMI).

Cypress Hill doit encore confirmer sa présence au festival Les Ardentes, à Liège, cet été.

PHILIPPE MANCHE


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