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Vendredi, on danse…
posté le 9 mai 2010 |
catégorie LES FESTIVALS, LES FESTIVALS
Plus assez de place pour terminer la semaine en remuant du popotin sous le chapiteau des Nuits? Pas grave: à l’Orangerie aussi, beats, synthés et boîtes à rythmes sont de la party.
Duo issu de Brooklyn, Tanlines, c’est Jesse Cohen aux percus et machines, flanqué d’Eric Emm au chant et à la guitare. Remixeurs à leurs heures (Au Revoir Simone…), les deux Américains ont été mis à l’honneur sur une récente compile du label Kitsuné et disposent depuis peu d’un ep (Settings) en guise de carte de visite. A l’Orangerie, ils assurent une mise en jambes un peu brouillonne mais néanmoins sympathique. Et ensoleillée, avec ces percussions synthétiques aux sonorités tantôt africaines, tantôt caribéennes. Le couple voix/guitare, qui joue sur la répétition et un phrasé plaintif par moments, renvoie aux débuts d’OMD. Eighties rules ! La foule danse sous le chapiteau, où Shameboy et Paul Kalkbrenner ont fait le plein. Mais ici, au moins, on voit tous les sourires sur les visages.
Calés au milieu de cette première affiche, Piano Club livre à l’occasion de ces Nuits 2010 l’un de ses premiers concerts depuis la sortie de l’album Andromedia. L’an dernier, au même endroit, le single « Love hurts » annonçait un mélange de guitares et de claviers vintage, une pop dansante qu’on retrouve aujourd’hui avec « Not too old » par exemple, et dont les accents ramènent, eux aussi, quelques décennies en arrière. Le son des Liégeois a conservé sa luxuriance, même si les synthés dominent moins que sur disque : en live, ce sont les toms qui mènent la danse. Les compositions complexes et alambiquées abondent, entre l’un ou l’autre morceau-fleuve comme cet « Honeymoon » à propos duquel Anthony Sinatra prévient : « C’est… bizarre ! » Le temps de voir passer les ombres de ELO, Supertramp voire même Yes, et cette prestation bien maîtrisée se termine sur le rock un rien plus dépouillé de « New voices, new vision ».
Cette première soirée à l’Orangerie se clôture comme elle a commencé : sur le dancefloor, mais cette fois avec des Londoniens. We Have Band, produit par Gareth Jones (Interpol, Grizzly Bear…), c’est effectivement encore une invitation à se déhancher. Sauf que ce trio semble descendre en droite ligne de New Order, quand on entend la basse de Thomas : il aurait piqué son instrument à Peter Hook que ça ne nous étonnerait qu’à moitié. L’originalité de ces ex-employés de EMI, qui ne lorgnent pas que vers « Blue Monday », c’est de jouer sur les combinaisons de voix changeantes au fil des morceaux. Point commun : ils font bouger le public, dans une sorte d’atmosphère crépusculaire. Qui, elle aussi, aura rappelé quelques souvenirs (Arbeit Adelt, The Neon Judgement…) aux trentenaires et quadras passés par-là…
Didier Stiers
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Superbe programme, un sacré Vendredi !