La rappeuse plutôt que les rockeuses

14_dum.jpgA la Rotonde ou à l’Orangerie, les filles montées sur scène mercredi soir étaient précédées par un buzz plutôt favorable. Pour Lucy Love, on a compris. Mais pour les Dum Dum Girls, on demande à revoir.


Elles appliquent à la lettre les préceptes old school du visuel scénique, les Dum Dum Girls. Tout comme nous le détaillait Jonathan Pierce des Drums, il y a quelques jours. Ici, c’est tenues noires, bas sexy et la frange pour tout le monde. En adéquation totale avec ce qu’on avait déjà pu entendre des nouvelles pensionnaires du label Sub Pop. Imaginez les Shangri-Las avec des blousons de cuir. Ou Ronnie Spector chez L7… Il leur suffit d’apparaître sur scène et de balancer deux ou trois morceaux pour susciter les images et les références. Au-delà, toujours coulées dans le même moule (et avec un max d’écho sur le son), cette succession de compos linéaires, ronronnantes comme un gros cube sur fond de batterie métronomique (Sandy, dernière recrue du gang, manifestement adepte du jungle drumming), finissent par tourner un peu en rond. Le fantasme du groupe de filles en prend un coup, malgré l’emblématique « Don’t talk to me » de GG Allin. Kristin « Dee Dee » Gundred et ses copines, ce serait plutôt « Bhang bhang, I’m a burnout », quoi. Évidemment, on aurait bien aimé en entendre plus, voir ce set gagner en aspérités punks ou noisy. Mais non, au bout de 30 minutes maxi, c’est terminé pour elles. Très court. Comme leurs jupes.

Autrement plus exubérante, Lucy Love à l’Orangerie, c’est un croisement dingo et survolté entre Dizzee Rascal et MIA, mais version danoise. Deux danseurs masqués annoncent l’arrivée du phénomène et le rejoindront encore plus d’une fois par la suite. Répertoire ? Un mélange de hip hop, d’électro minimaliste et de drum’n'bass, trituré par un unique musicien. Ajoutez-y le charisme scénique et le flow sec comme un coup de trique de Lucy, des rimes qui claquent et des textes très ego-trip (« I’m the alchemist, the ultimate lyricist, spitting the rhymes that you can’t resist », assure-t-elle dans « Alchemist »), et vous aurez une idée de ce qui remue ce mercredi un public enthousiaste. D’autant qu’elle assure le spectacle, flottant dans ses tenues aux motifs géométriques noirs et blancs. « Daddy was a dj », fait-elle scander à la salle. Ça ne fait pas l’ombre d’un doute.

Didier Stiers


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