Le Black Rebel Motorcycle Club jusqu’à épuisement

16_rebel3_pyt.jpg

Vendredi, le Black Rebel Motorcycle Club s’est accaparé un Chapiteau acquis à sa cause avec un concert de deux heures qui a ravi ses fans. En contrepartie, les groupes qui l’ont précédé n’avaient droit qu’à trente minutes de set.

C’est loin d’être partie gagnée lorsqu’on a qu’une demi-heure pour convaincre. Les Canadiens de Wintersleep ont dû s’en rendre compte. Reste qu’on ne pouvait pas grand chose pour eux: rock formaté qui sonne creux, les chansons du groupe s’enchaînent sans qu’on se rende vraiment compte que quelque chose se passe devant nous. Un peu comme un vieux chewing-gum qu’on continue à mâcher mécaniquement, c’est jamais dérangeant, malgré son manque de goût et de fraîcheur, mais on oublie simplement jusqu’à son existence.

Rien de tout cela avec Zaza (tiens, Zaza… C’est de la même famille?) qu’on aurait aimé voir plus longtemps sur scène. Histoire de s’engouffrer un peu plus profondément dans leur univers particulier, sombre et mystérieux, quelque part entre new wave, electro ambient et rythmiques martiales qui rappellent le Cure de «Pornography». Ce sera sans doute pour la prochaine fois.

Tête d’affiche de la soirée, le Black Rebel Motorcycle Club n’a pas fait dans le détail: deux heures de concert pour le plus grand plaisir des fans venus en masse (le Chapiteau affichait complet), bruit blanc, fumée bleue et boots noires dans les dents, on n’aurait pourtant pas crié au scandale si le set avait été amputé d’une demi-heure. Reste que la performance était à point, relevée par un public surchauffé et ça et là traversée de tout bons moments.

Au commencement, il y a le rythme. Simple et massif. Qui donne le pouls des chansons. Sur la gauche, Peter Hayes qu’on a vu plus tôt se promener sur le site et discuter avec des fans, crée un brouillard d’électricité. A droite, Robert Been en rajoute trois couches au niveau de l’image artiste incompris/poète maudit, entre poses à la cool et chant par trop maniéré. Reste que sa basse claque juste comme il faut, quand il faut. C’est sombre, enfumé, ça sent le whisky et la sueur.

Il est facile de se perdre dans ce tourbillon garage-psyché-noise, mais c’est quand le BRMC s’ouvre au blues qu’on le préfère (mention spéciale à ‘Ain’t No Easy Way’ issu de l’album acoustique Howl). Pour le reste, il faut bien l’avouer, les titres tendent à se ressembler un peu trop (alors que le groupe pioche dans toute sa discographie), même s’ils sont souvent efficaces (‘Whatever Happened To My Rock & Roll’!) et intéressants (le jeu de basse de Robert Been!). Surtout, le concert se perd en longueur inutile. Mais les fans s’en foutent, ils en veulent, ils en auront jusqu’au bout.

Didier Zacharie

http://www.youtube.com/watch?v=n-nhTb9HpjU


commenter par facebook

3 commentaires

  1. Bernard P.

    16 mai 2010 à 21 h 46 min

    Cher Monsieur,

    En français correct, on ne dit pas “s’accaparer” mais “accaparer”.

    Bien à vous,

    B.P.

  2. Mez

    17 mai 2010 à 17 h 22 min

    Jusqu’à épuisement, certainement pas. Au contraire, nous sommes ressortis de ces 2 heures de concert avec l’impression d’un billet (déjà abordable) bien rentabilisé. Bref, un très bon concert, accompagné d’un son merveilleusement gras, d’une amplitude exceptionnelle au regard d’un groupe de 3 membres. La diversité entre rock, noise, folk et pop rock permet d’éviter toute lassitude, tout comme le partage du chant et des instruments qui évitent de se retrouver devant un faux groupe avec un égocentrique mis en avant (style Thom Yorke) et le reste du groupe bien derrière.
    A part ces quelques nuances, je rejoins pour l’essentiel, notamment sur Wintersleep, assez médiocres. Bien que musicalement très corrects, Wintersleep souffre du chant très criard de son guitariste-chanteur, peu cohérent avec la musique. Zaza a par contre suscité de l’intérêt dans un style très particulier mais envoûtant. Quant aux Driving Dead Girls qui ouvraient le bal, ils ont tenté de chauffer la salle tant bien que mal, malgré un style fort banal et un chanteur par trop prétentieux et stéréotypé.

  3. Link list services

    22 mai 2011 à 0 h 11 min

    great post, i clearly love this site, keep on it.

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>