Le loup dans la bergerie

Un groupe, Warpaint, qui n’a sorti qu’un EP. Un autre, Surfer Blood, dont le premier album n’est pas encore distribué chez nous. Et un troisième, plus établi, Wolf Parade, dont le nouveau disque Expo 86 (eh, les mecs, 86, c’était surtout l’année du Mundial mexicain dont on a atteint les demi-finales) ne sera dans les bacs que d’ici le 28 juin… Dimanche soir, à l’Orangerie, la plupart du public ne savait pas trop où il mettait les oreilles. Les discussions seront vives. Les avis mitigés. Les nôtres n’ont rien de vraiment tranchés.
Honneur aux dames. Warpaint, c’est quatre filles de Los Angeles. Les petites protégées des Red Hot Chili Peppers. Jusqu’ici six titres dream pop enregistrés en 2007 et produits par ce « lover » de John Frusciante. La voix de la blondinette du lot est aussi agréable qu’un coup de pied dans les couilles mais la moitié du concert a vraiment quelque chose. Une identité. Une âme. Avec ses longues envolées instrumentales à la Electrelane (Elephants) mais aussi ses trop rares harmonies vocales façon Au Revoir Simone (Billie Holiday), Warpaint promet. Le problème c’est qu’il y a 25 ans, du temps où le paléolithique Minitel préfigurait laborieusement l’ère internet, on aurait découvert ce genre de groupes plus tard dans sa carrière. Plus aguerri. Plus abouti. Les filles auraient peut-être débarqué mères de famille (qui a dit engrossées par une star de cinéma ?), elles auraient pu proposer un répertoire qui tienne la route.
Le batteur de Surfer Blood, lui, se serait peut-être fait greffer un troisième bras. Mais pas cassé celui-là… « C’est notre premier concert en Europe, » précisent les cinq Floridiens de West Palm Beach (qui seront le 19 mai à Tourcoing et le 22 à Cologne). Surfer Blood, c’est du sous Weezer. Du rock très nineties. Et deux ou trois tubes qui devraient lancer ces slackers au chanteur joufflu sur la voie royale cet été. Les guitares pètent mais si Twin Peaks, Floating Vibes et surtout Swim (to reach the end) semblent taillés pour le succès, on a quand même envie par moments de montrer les dents de l’amer.
Malgré l’énergie qui l’habite (personne ne lui reprochera de ne pas mouiller le maillot) et un tout grand début de concert, fort, tendu, Wolf Parade ne parviendra pas à nous rendre le sourire. L’album à venir est produit par Howard Bilerman (ex membre d’Arcade Fire qui dirige le studio Hotel2Tango à Montréal, a enregistré quelque 300 disques allant de Godspeed à The Dears en passant par Vic Chesnutt). A entendre les nouveaux morceaux (l’un d’entre eux est même joué pour la première fois sur scène), il dégouline de ces claviers qu’on fuit à longueur de journées. Affreux. Horripilants. Dommage. Ou tant mieux. Il faudra repasser au Bota lundi pour bien terminer les Nuits.
JULIEN BROQUET.


commenter par facebook

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>