Dimanche soir… Au Parvis de Saint-Gilles, on se partage entre Fête de la Musique et Mondial. Brésil, Côte d’Ivoire et vuvuzelas contre Fredy Massamba, Dan San et Lucy Lucy. Au final, chacun aura dû y trouver son compte…

Si c’est avec Les Tambours de Brazza que Fredy Massamba a arpenté ses premières vraies scènes, il a aussi prêté ses services à Zap Mama et Manou Gallo, Didier Awadi de Positive Black Soul au Sénégal, et même Lara Fabian qui cherchait, nous raconte-t-il juste avant son soundcheck, une « voix black ». En mars dernier sortait Ethnophony, premier album de cet artiste globe-trotter dont le parcours est jalonné de rencontres marquantes. En vrac : Mos Def, The Roots, Peter Gabriel… Il y a pire.

« Mon album n’arrive donc pas si tard, dit-il quand on évoque avec lui ce même parcours. Je faisais d’autres choses, j’ai aussi écrit pour les Tambours de Brazza. Je n’étais peut-être pas prêt. » Jusqu’à ce que le hasard s’en mêle : « En 2005, dans un studio au Sénégal, j’ai improvisé un peu, devant un micro, façon open mike. Le disque s’est construit là-dessus. » Lentement mais sûrement. Jusqu’à ce carrefour où il embarque l’auditeur, carrefour sonore entre cultures urbaines et Afrique, soul et funk.

Originaire de Pointe-Noire au Congo Brazzaville, Fredy doit pas mal à la culture hip-hop. « Je suis né dans les années 70. J’ai connu le smurf, le boogaloo, j’ai dansé dans les rues. À la maison, mon père écoutait Jimmy Cliff mais s’habillait comme James Brown. Tout cela est donc un peu dans mes gènes. » Rien d’étonnant donc à ce qu’on le retrouve aux côtés de Pitcho, parmi ceux qui participent à son projet Héritage, commémorant le 50e anniversaire de l’indépendance du Congo par le biais, notamment, d’un album disponible depuis peu.

« Le hip-hop, reprend-il avec son large sourire, c’est un moyen de faire passer le message. C’est la rue, et pourquoi pas un début de changement. » Avec un clin d’œil, il précise que c’est en outre bien différent de la rumba : « On en a plus vite fait le tour. C’est « je t’aime », « tu m’as trompé », « reviens, je t’aime »… » Normal dès lors aussi que cet Ethnophony soit dansant et engagé.

Vendredi 25 juin, scène Fiesta, 17 h 30. Ethnophony (Skinfama/Munich/V2). www.myspace.com/fredymassamba

DIDIER STIERS

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