Plus de dix ans que Femi Kuti a repris le flambeau de l’Afrobeat. Son père Fela, grande figure de la culture nigériane, avait développé le style en mélangeant jazz, funk et musiques africaines millénaires tout en dénonçant les travers des autorités nigérianes et internationales. A sa mort en 1997, c’est à son fils aîné Femi qu’est revenu la tâche de porter la flamme. Rencontre autour d’une table ronde avec un combattant.

Que représente l’Afrobeat?
L’Afrobeat est tout entier au sujet de la dignité africaine, de son unité, de notre culture africaine et de notre tradition. On doit comprendre l’Histoire de l’humanité. La culture africaine n’a pas 1000 ans, mais des centaines de milliers d’années. Dans la culture africaine, il n’y avait pas de voleurs, tu sais pourquoi? Parce que tout le monde connaissait tout le monde. Aujourd’hui, tout cela n’est plus, et on doit comprendre pourquoi. L’Afrobeat, ça parle de notre culture et du respect de nos traditions.

Pouvez-vous nous parler du club The Shrine (club ouvert à Lagos par Fela Kuti à la fin des années 60 et dans lequel s’est développé l’Afrobeat. Il a été fermé par les autorités nigérianes au début des années 80. Femi Kuti l’a réouvert au début des années 2000 – NdR)?
The Shrine est un endroit où la culture africaine dont je te parle revit. C’est un lieu saint. C’est ouvert tous les jours. Les autorités nigérianes ont à nouveau menacé de fermer le club mais je crois qu’ils ont eu peur du bruit que ça a fait partout dans le monde.

Etait-ce quelque chose de naturel pour vous de poursuivre la tâche de votre père à sa mort, celle de porte-parole de l’Afrobeat?
Dans la culture africaine, c’est comme ça que ça se passe, le fils aîné doit reprendre le rôle du père. Même si il n’en a pas envie. C’est ainsi que la tradition perdure.

Le Congo s’apprête à fêter les cinquante ans de son Indépendance. Votre sentiment?
Qu’est-ce que signifie «indépendance»? En réalité, le Congo, et l’Afrique sont toujours dépendant de l’Europe et des Etats-Unis pour survivre. Quand je viens en Belgique, je suis ici pour dire ce que la Belgique a fait au Congo et dénoncer la responsabilité du gouvernement belge dans l’histoire du pays. Parce que Lumumba ne sera jamais en paix tant que le problème congolais perdurera.

Didier Zacharie

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