18_lee_blairon1.JPGC’est un concert d’une autre époque, délicieusement rétro, qu’a balancé samedi soir le vieux Lee Fields sous le Club-Circuit Marquee. Ridiculisant le gamin Mayer Hawthorne et sa blue-eyed soul d’ascenseur.

Lee Fields entré dans le business il y a quarante ans maintenant, c’est l’un des derniers vétérans de la scène soul funk. Un vieux briscard parmi les jeunes brigands. Un « papy » esseulé parmi tous ces gosses qui, de Adele à Duffy, font découvrir la musique de l’âme (dans une version lissée) aux nouvelles générations.
Surnommé à juste titre le James Brown de l’underground, le natif de Caroline du nord n’est peut-être plus une pile électrique comme l’est restée sa consœur Sharon Jones (tous deux ont connu le succès sur le tard) mais il alterne avec classe les ballades sensuelles et sexuelles et les titres plus enlevés et groovy du genre à réveiller les fantômes du godfather of soul ou d’un Curtis Mayfield. Guitare, basse, batterie. Trompette, saxo, clavier. Lee est accompagné des Expressions. Un groupe redoutable à la colonne vertébrale daptonienne . Backing band d’Amy Winehouse et collaborateur entre autres de TV on the radio.
C’est chaud. C’est moite. Lee (tête de boxeur) sort ses tripes, quelques jolis déhanchés. Et quand il ne puise pas dans son répertoire (son dernier album My World est sorti l’an dernier), il s’offre en rappel une reprise de Sunny. Cette chanson écrite par un Bobby Hebb en quête d’optimisme après l’assassinat du président . La classe.
Julien Broquet

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