190710_062-74.jpgN’avoir encore qu’un album à son actif, c’est parfois un peu juste pour assurer un concert, même en festival. La preuve par Uffie, samedi soir. Mais en compter trois ne vous met pas forcément à l’abri de quelques trous imprévus à combler. La preuve par Ghinzu, dimanche.

« J’ai voyagé toute la journée et on dirait que j’ai plus d’énergie que vous ! » Uffie harangue la Magic Tent et son (jeune) public à l’entame d’une prestation qui va au final s’avérer fort light. Arrivée sur scène après une intro laissée aux bons soins de ses deux comparses, disparition en backstage au bout de quelques morceaux pour leur redonner la vedette : disons que ça casse le rythme. Enfin, quand on dit « rythme », on se comprend : musicalement, ce sont les midtempo qui dominent, à l’image de cet « Illusion of love » et sa dance un peu paresseuse. Avec des blancs et des commentaires rappelant la sortie de SON album entre les morceaux, le set n’est pas particulièrement remuant. Kitsch oui, mais vraiment light, quoi.

Dimanche, les Bruxellois de Ghinzu ont, eux, livré un concert raccourci de cinq minutes. Un peu à l’image du Dour d’antan, c’est-à-dire légèrement chaotique, dixit Jean Waterlot croisé plus tard. En cause : des soucis techniques affectant notamment un synthé récalcitrant. John finira par ne plus en jouer, préférant monter dessus façon rockstar. Conséquence : il faut improviser. On change donc l’ordre de quelques morceaux, et puis on balance une reprise (« Répétée dans la loge, excusez-nous pour les erreurs »)… de « Killing in the name ». En colère contre leurs machines, les Ghinzu ? Le public, en nombre au pied de la Last Arena, en aurait bien repris une louche, dans la foulée d’un « Kill the surfers » qui le fait taper dans les mains…Mais point final à 23h05. Ce qui laisse 45 minutes pour se préparer au concert des Sonics, à la Petite Maison. Faisable…
Didier Stiers

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