Mount Kimbie : il y a une vie après la dubstep

frontstage-mount-kimbie.jpgAprès leur incursion aux 10 Days en juillet dernier, les deux Londoniens de Mount Kimbie repassent par la Belgique ce vendredi. L’occasion de goûter une fois encore à une variante très personnelle d’un genre pourtant bien balisé. Dans la foulée d’un disque tout frais à écouter absolument.

Faute de mieux pour l’instant, on dira de Dominic Maker et de Kai Campos qu’ils pratiquent une sorte de post-dubstep bourrée d’atmosphères. Ou, comme tente de le résumer le premier : « Nous jouons un mélange de musique électronique et acoustique, fortement inspiré par la dance, mais dont les influences incluent aussi l’ambient et le rock. » Traduit sur disque, ça donne Crook & lovers : un premier, court et addictif album dont les compositions ont toutes quelque chose de ludiquement expérimental. Les deux garçons, qui se sont rencontrés à la Southbank University, ont tiré de leurs machines onze compositions pour lesquelles ils ont revu à leur manière les codes du hip hop, de la techno et d’autres genres encore.

Contrairement à ce que laisserait penser la grosse dame photographiée de dos sur la pochette, Crooks & lovers n’est affecté d’aucune surcharge pondérale. Les beats sont ténus, minimalistes. Sur « Tunnelvision », on dirait un cœur qui bat dans le lointain. Sur « Adriatic » et « Ode to bear », ils s’évanouissent presque derrière le handclapping et la caisse claire. Si c’est urbain, ce n’est pas totalement sombre pour autant. Évanescent et groovy en même temps. Marqué par une entêtante mélancolie. Et si c’est ambient, ce n’est pas de la musique d’ascenseur. Plutôt du genre de celle qu’on a envie de réexplorer constamment.

A propos d’ambient, justement… Les deux compères n’ont pas eu peur d’en insérer dans leur set des 10 Days. « Si, justement, nous avons toujours un peu peur quand nous le faisons, corrigent-ils. Peur que la moitié du public s’en aille ! En même temps, ça nous semble honnête parce que c’est ce que nous aimons jouer. Et puis, sur tout ce que nous avons déjà sorti jusqu’ici, il y a aussi des passages non dansants. »

Si la dubstep n’avait pas été là à l’époque de leur rencontre, dieu sait ce que feraient aujourd’hui Maker et Campos. « Serions-nous seulement musiciens ? Nous étions trop jeunes à l’époque de la jungle… Après, la dubstep est arrivée comme quelque chose de fédérateur. Non seulement pour nous deux, mais ça nous a liés à beaucoup d’autres gens. Vraiment comme dans une communauté… Quand tu es jeune, qu’un mouvement naît là où tu vis, que ça renvoie à pas mal de choses de ta propre existence, tu comprends immédiatement d’où ça vient, pourquoi c’est fait… »

Sur disque, les deux Londoniens s’étaient jusqu’ici fait remarquer avec des remixes pour Foals et The XX. Avec leurs deux ep’s, également (Sketch on glass, Maybes). Après la sortie du premier album, retour sur les routes : tournée aux Etats-Unis en septembre, fin d’année sur le Vieux Continent pour pas mal d’autres concerts encore. « Nous ne prétendons pas être un groupe qui joue jusqu’à la moindre note en live, disent-ils encore à propos de la scène. Pour certains passages, nous utilisons un sample, nous en faisons une boucle, nous l’enregistrons et nous la laissons tourner pendant le morceau, en la modifiant avec des effets… Par-dessus, nous utilisons une guitare (ndlr : sur Crooks & lovers, elle se glisse partout) et une pédale de loop, un micro qui fonctionne de la même manière, des drums… Nous n’arrêtons pas de rajouter des trucs en fait. Ça change tout le temps. »

Didier Stiers

- Ce 13 août au Recyclart à Bruxelles
- Crooks & lovers (Hot Flush Recordings/NEWS)
- www.myspace.com/mountkimbie


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2 commentaires

  1. Serge

    16 août 2010 à 8 h 17 min

    Pas mal mais en matière de dubstep atmosphérique, je préfère de loin Burial.

  2. red

    16 août 2010 à 10 h 34 min

    Et le concert de ce vendredi était tout simplement parfait

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