On se lève tous pour Grinderman

grinderman.JPGEn congé temporaire de ses Bad Seeds, Nick Cave prend un pied phénoménal au sein de Grinderman . L’animal était ce dimanche à l’Ancienne Belgique. Et jouera les prolongations ce soir. C’est évidemment complet.
Le concert de lundi
Lundi soir. Même heure. Même endroit. Pour son deuxième concert à l’Ancienne Belgique, Grinderman n’a pas fait les choses a moitié livrant une prestation enragée et tendue comme un arc supérieure au show la veille. Nick Cave lui-même, nous avouait une petite heure après le concert avoir préféré cette soirée de lundi pour cette tension dégagée et surtout par « la réponse incroyablement positive du public ». Et tandis que Tom Barman taille le bout de gras avec Warren Ellis, on profite d’avoir Nick sous la main pour prendre quelques nouvelles de ses futurs projets. « Nous ne tournons pas avec Grinderman cet été. Par contre, nous allons commencé à travailler sur le nouvel album des Bad Seeds ». Quand au projet de l’adaptation télé de son roman La mort de Bunny Munro (relecture en plus trash et lubrique de La Route) en série télé, le pilote écrit par Nick Cave a été refusé par la commission de Channel Four. « Il y a eu des changements de personnel. Aujourd’hui, nous sommes en négociation avec la BBC mais c’est un processus très long. Ce n’est pas assez ceci, trop cela, ça prend un temps fou ».
Mais pour revenir au concert de lundi qui, mis à part « Go tell the woman » passé à la trappe, est exactement identique par sa set list à celui de la veille, il y a eu une sauvagerie et une animalité en plus par rapport à dimanche. Ce sont évidemment des petits détails. On reste soufflé par des versions dantesques de « Evil » ou du très Stoogien « No pussy blues ». Et sur la faculté qu’à Nick à jouer de la guitare tout en électrisant le public. Et même lorsqu’il est au piano pour une des chansons les plus Bad Seeds de Grinderman, la superbe « Man in the moon », il se dégage de son jeu un côté primitif insolent et sexy. À 53 ans, c’est peu d’écrire que l’Australien est au sommet de son art.

Ph.Mn.

Le concert de dimanche
20h45 et des poussières. Jim Sclavunos s’installe derrière ses fûts. Avec sa barbe de prédicateur, on jurerait que le producteur du dernier Jim Jones Revue s’est échappé d’un épisode de Deadwood. Martyn Casey (Triffids, Bad Seeds), basse en bandoulière se pose à gauche de la scène tandis que Warren Ellis se pose à droite. Débarque ensuite Nick Cave, impérial dans son costard sobre, lui aussi guitare sous le bras pour un « Mickey Mouse and the goodbye man » bien tendu. Le son est monstrueux. Le groupe incroyablement en place et le concert sera à l’avenant. Formé en 2006 en marge des Bad Seeds, ce side project de l’ancien leader de Birthday Party est jouissif parce que spontané et immédiat .
Bien sûr, on peut toujours chicaner par rapport au concert de Grinderman en 2008 à Werchter, d’une sauvagerie inouïe, reste que ce dimanche à l’Ancienne Belgique, le Bad Seeds en chef est dans une forme resplendissante. On aurait pu penser que jouer de la guitare allait handicaper Nick pour haranguer la foule ou brandir un bras et pointer l’index en direction du public mais l’Australien reste fidèle à lui-même. Tout en tension. Et rayonnant. Les morceaux du deuxième album de Grinderman défilent comme à la parade sans négliger le premier opus où de solides versions de « Get it on », « No Pussy Blues » ou « Got Tell The Women » répété sur la route, sont exhumées.
Si la section rythmique est en acier blindé, Warren Ellis attise autant les regards que Nick Cave. Shamanique à souhait et aussi possédé que l’Hindou des Cigares du Pharaon , Warren troque ses maracas contre son violon, martyrise sa guitare (à quatre cordes) et envoie une tonne d’effets avec son armée de pédales au pied. Pendant « Evil », un des points culminants du concert avec « Bellinger Blues », « When my baby comes » et « Man in the moon», Warren se met à genoux, le torse cambré se relevant uniquement pour lancer ses « ouh ouh » tel un loup hurlant à la lune.
Nick, lui, sourit, dit merci, raconte deux ou trois bêtises et envoie le bois. On a rarement vu le lascar aussi serein et détendu. Après une heure de jeu, le groupe reviendra pour cinq morceaux et achever le set avec le morceau « Grinderman » où la vedette de la soirée est plus habité que jamais dès l’intro et : « I’m the Grinderman/In the silver rain ». Sur ce, on vous laisse. En se réjouissant d’y retourner ce soir…

PHILIPPE MANCHE

Setlist
Mickey Mouse and the Goodbye Man
Worm Tamer
Get It on
Heathen Child
Palaces of Montezuma
Evil!
When my baby comes
What i know
Honney Bee (Let’s fly to Mars)
Kitchenette
No Pussy Blues
Bellringer Blues

Rappel

Man in the moon
When my loves comes
Go Tell The Women
Love Bomb
Grinderman


commenter par facebook

2 commentaires

  1. Luca

    18 octobre 2010 à 16 h 14 min

    La guitare Bariton de Warren Ellis:
    http://www.eastwoodguitars.com/Other/warrenEllisSignatureTenor/images/big/1162tenorBassFINAL.jpg

    (je n’y étais pas, mais c’est son modèle signature… :) )

    Merci pour cette critique, dommage pour le prix des places un peu prohibitif :(

  2. Chasseur Immobilier Toulouse

    20 octobre 2010 à 1 h 35 min

    Superbe gratte !

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>