Suarez, les indécideurs

Suarez revient – sans être jamais vraiment parti depuis 2008 – avec un deuxième album, « L’indécideur ». Le mariage parfait entre chanson et musique du monde.

A Mons, on a la solution. Le groupe Suarez a décidé d’appeler L’indécideur son deuxième album. Voilà un aveu plus courant en musique qu’en politique : « On n’a pas pensé au Roi ni aux “dewéveurs” quand on a écrit cette chanson, nous a avoué le chanteur Marc Pinilla. Ce questionnement reflète davantage ce qu’on vit au quotidien en tant qu’artistes. Est-ce qu’on est trop world ou trop chanson ? Ce disque est plus réfléchi que le premier qui était plus pulsionnel. Ceci dit, on sait vers où aller. Ce disque nous ressemble plus car on se connaît mieux aussi. »

Plus de cent concerts vous rapprochent. Mais c’est lors d’un voyage à Madagascar, d’où sont originaires Dada, Max et Pata, que Marc a appris à mieux comprendre ses camarades : « On a été approchés par une ONG montoise, Graine de vie, qui se bat en plantant des arbres à Madagascar. Nous sommes allées là-bas trois semaines en décembre dernier et j’en suis revenu déstabilisé par le paradoxe entre la richesse naturelle de l’île et l’immense pauvreté de gens s’entassant dans les bidonvilles de la capitale pour y trouver du travail. C’est un des héritages de la colonisation. »

Marc et Dada ont écrit les chansons de l’album dès leur retour de Madagascar. Pour Dada, c’était un retour aux sources comme il en fait tous les deux ou trois ans depuis vingt ans qu’il a quitté sa terre natale : « C’était important pour nous de montrer à Marc d’où nous venions, comment nous fonctionnions. »

Marc : « Ce fut très bénéfique pour le groupe car il commençait à y avoir des tensions dans l’air. Avant, je m’énervais quand ils avaient cinq minutes de retard en studio. Là-bas, tu donnes rendez-vous à 9 heures du matin et tu ne t’étonnes pas que le gars arrive à midi. » Comme le dit Dada : « On regarde l’ombre par terre pour connaître l’heure. Quand il n’y a plus d’ombre, c’est que c’est midi. »

Pour Graine de vie (www.grainedevie.org), Suarez a décidé d’offrir l’intégralité des bénéfices de son premier single et de son premier concert à Mons, ce 6 novembre. Suarez, c’est le duo Marc-Dada du côté des compos mais c’est aussi des textes écrits par plusieurs intervenants extérieurs. Marc : « Je voulais demander à des proches de parler de moi. Je voulais des gens qui écrivent mieux que moi. Il y a Antoine Hénaut, ma compagne Aline Renard, le Français Fabrice Ballot Lena rencontré chez Mercury… Cette humilité est nécessaire quand tu veux un album parfait. Avec des musiques accessibles à tous, aux amateurs de musique indé, de world, comme de chanson ou de variété. »

Amoureux des reprises (cf. « La vie en rose » et « La non-demande en mariage » sur le premier), Suarez s’attaque cette fois-ci au « Porque te vas » de Jeanette, sorti en 1974 et révélé deux ans plus tard par le film Cria cuervos de Carlos Saura. Marc : « J’ai beau être né en 1980, je connais par cœur cette chanson. Mon père est espagnol et j’avais la partition de flûte. » Dada : « Et moi, j’avais la version russe que m’avait ramenée de Kiev mon oncle. »

Suarez est ce 6/11 à la Chapelle, à Mons (complet) et le 15/12 au Bota. Dates de la tournée sur www.suarezlegroupe.be

THIERRY COLJON


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