Troublegum Fever pour Therapy?

Vous vous souvenez de Therapy?? Parce que eux se souviennent de vous. Les vétérans irlandais ont retourné hier l’Ancienne Belgique avec un concert centré sur leur classique «Troublegum». La bonne nouvelle, c’est que le brûlot de 1994 n’a pas pris une ride. Retour de la fournaise et explications avec l’affable trio.

C’est dans l’air du temps. Entre reformations, rééditions deluxe et tournées centrées sur un album devenu classique, les groupes établis se voient proposer de revenir sur leur glorieux passé, souvent contre cachet avantageux. Pour Therapy?, les choses se sont faites plus simplement: «C’est le promoteur du festival Knebworth en Angleterre, qui est un fan de l’album, qui nous a proposé de jouer ‘Troublegum’ en entier. Comme ça tombait l’année de nos vingt ans, on s’est dit, pourquoi pas? Et ce concert a été comme un catalyseur».

En tout cas, le concept a de quoi ravir les fans qui ont ainsi la possibilité de revivre la bande-son de leur jeunesse en live. Une occasion unique en somme. Des fans majoritairement trentenaires, survoltés durant le set et terminant le concert exsangues, sur les rotules (on n’a plus 20 ans!) mais heureux comme des gamins. Car tout y est passé. Les ‘Knives’, ‘Nowhere’, ‘Screamager’, ‘Die Laughing’ (dédié à Kurt Cobain), ‘Trigger Inside’, ‘Isolation’. Et le miracle est là: plus de quinze ans d’âge et une énergie intacte, des mélodies impeccables et des riffs toujours aussi destructeurs, «Troublegum» a toujours la puissance d’une masse qui défonce un mur de béton. En clair, un classique du rock: «Je crois que l’album a marqué son époque parce qu’il est très simple et direct, facile à se souvenir» nous explique Andy Cairns, «un peu comme ‘Louie Louie’, trois accords, tout le monde peut la jouer. A l’époque, ‘Troublegum’ était considéré comme un album rock 90′s dans le genre de Nirvana, Green Day, Offspring… Mais nous on a voulu faire un disque dans la lignée des groupes punk irlandais qu’on écoutait quand on était gamins, Stiff Little Fingers, Undertones, ces groupes mélangeaient déjà punk et pop. Et puis, on adorait aussi le heavy metal. On savait exactement ce qu’on voulait en entrant en studio». Andy Cairns ajoute alors ce que tout le monde a oublié: «Beaucoup de personnes qui aimaient le côté électronique de l’album précédent ‘Nurse’ ont été déçues à la sortie de ‘Troublegum’».

De retour à l’AB, le groupe a quitté la scène. L’album a été joué. Mais tout ça n’était finalement qu’un apéro avant le gueuleton. «Wake Up. Time to die!» Les Irlandais n’en ont pas fini! Place aux brûlots pré- et post-’Troublegum’ qui déboulent à du 200 à l’heure (‘Nausea’, ‘Opal Mantra’, ‘Potato Junkie’, ‘Teethgrinder’, ‘Infernal Love’, ‘Stories’). Dans la fosse, c’est 1994 à nouveau pour tout le monde. Pogos, crowdsurfing, tout y passe, le temps s’abolit. Et Therapy? de prouver que le groupe ne se résume pas à un seul album, même si «Troublegum» restera clairement leur carte de visite: «Combien de groupes peuvent dire qu’ils ont un album fédérateur comme ‘Troublegum’? Très peu. On a de la chance. Ça me fait penser à ce que disait Lemmy de Mötörhead. La moitié de ses fans ne veut entendre que ‘Ace of Spades’, et il a eu ce mot: ‘Si les gens ne veulent retenir qu’un disque, alors fais en sorte que ce soit un putain de bon disque!’».

Didier Zacharie

Knives, AB, 13/11/2010

Nowhere, AB, 13/11/2010

Trigger Inside, AB, 13/11/2010

Die Laughing, AB, 13/11/2010


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2 commentaires

  1. Kris

    15 novembre 2010 à 12 h 40 min

    Very Cool! Was there too! Supergig!

  2. Robin Pletsier

    15 novembre 2010 à 18 h 23 min

    Pas tout à fait en phase avec le journaliste…
    En effet, c’est un grand album, en effet c’est la mode des tournées anniversaire, en effet ils ont toujours une belle pêche, mais n’empèche.
    Moi qui ne suis pas un tout grand fan du groupe, je reste peut être un peu trop critique:
    - Le chant était plus que souvent faux, surotut les backing vocals qui sont si importantes et bien foutues sur cet album.
    - La basse était complètement inaudible. Dommage quand on sait que la partie rythmique est si en place dans le band.
    - C’est normal qu’on ne puisse toujours reproduire (à trois) en live, le son d’un album. Quand on prend donc un deuxième guitariste, il faut l’assumer et pas le cacher derrière un rideau et une colonne.
    -Le plus grave, étant à côté de la sono, et qui plus est à l’AB (meilleure acoustique en Belgique), je pensais vraiment avoir un excellent son. Tu parles! La voix à fond et une soupe derrière dans laquelle on ne distingue même plus les solos de guitare… Dommage!

    Enfin, ne croyez que le quart de mes critiques puisque je n’ai vu qu’un quart du concert. Après quoi j’ai bu des bières au bar avec l’excellent groupe de prmière partie Driving Dead Girl! ;o)

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