Caroline est Brune

Elle est lyonnaise d’origine arménienne. Son papa était violoniste mais elle a choisi le piano. Et aujourd’hui elle chante. Voici Brune !

On l’a d’abord vue en première partie de Renan Luce, à l’Eden de Charleroi, en novembre dernier. Puis elle est revenue, avec ses deux musiciens, à Bruxelles, début du mois, au Magic Mirrors des Plaisirs d’Hiver. Elle s’appelle Brune et de fait, Caroline Bayendrian, de son vrai nom, est brune : « Mon nom ne fait pas rêver, nous a-t-elle avoué. J’ai donc décidé il y a quatre ans de m’appeler Brune. Parce que je suis brune, tout simplement. Puis sont arrivés les BB Brunes. Je me suis dit “Mince !”. Au final, je n’ai pas changé car ce nom me correspond bien. C’est doux et féminin et comme, dans mes chansons, je raconte des trucs de filles… »

Caroline est née de parents arméniens arrivés de Syrie en France sans connaître un mot de français. Le papa est violoniste, il donne cours et joue dans des orchestres classiques, maman écoute Aznavour et les chansons populaires arméniennes. La petite choisit à 7 ans le piano, moins ingrat que le violon : « Le jour où mes parents m’ont offert mon premier piano, c’était le plus beau jour de ma vie. Ils ont dû se serrer la ceinture pour ça. Et puis, à l’adolescence, j’ai commencé à trouver ça ringard la musique classique (même si ma grande sœur faisait du violon), j’écoutais Gainsbourg, Souchon ou Bashung à la radio. Maintenant je me rends compte que c’est une bonne assise le piano classique. Ça me rassure. »

À 22 ans, Caroline monte à Paris dans le but d’y enseigner la musique, tout en écrivant ses chansons. Pendant huit ans, elle enseignera la musique à des ados. Pour arrondir ses fins de mois, elle va même jouer durant deux ans dans le métro : « Chaque année, je me disais que j’allais arrêter l’enseignement. Finalement, je n’ai abandonné qu’en juin dernier. J’ai signé un contrat “disques” il y a un an. Le métro, je l’ai fait pour me faire connaître. J’avais ma carte et tout, et à mes pieds, une pancarte avec mon Myspace. Quand je rentrais le soir, j’avais des messages très gentils de gens qui m’avaient entendue. Ça m’encourageait à continuer. »

La RATP fait bien les choses puisqu’après sélection par un jury, la société de transports parisiens aide à la programmer en 2008 au festival Art-Rock de Saint-Brieuc et, l’année suivante, à Solidays : « C’est très bien organisé et structuré. Ils ne cherchent pas à entretenir la mendicité mais au contraire à professionnaliser les artistes amateurs. »

Parallèlement, Caroline rencontre un batteur (Grégory Jacques) qui la présente à Valentin Montu. Ils commencent à jouer tous les trois et arrivent très vite à intéresser un directeur artistique d’une firme de disques (Stéphane Espinosa). Les choses se bousculent jusqu’à la sortie en juin dernier d’un premier EP, suivi d’un album à son nom : « J’ai failli l’appeler L’araignée car en huit ans, j’ai tissé ma toile au fur et à mesure des rencontres. Finalement, il ne porte pas de titre car les chansons parlent de moi ou de gens qui m’entourent. Pour le prochain, j’irai voir ailleurs. »

C’est le titre « Rupture song » et son clip qui intéressent les télévisions, avant que les radios et la presse ne suivent. Suivra « Un cheveu blanc » : « Je ne suis pas particulièrement obsédée par mon âge – disons pas plus que n’importe quelle fille – mais c’est un jour une élève de 12 ans qui me dit comme ça : “Vous avez des cheveux blancs.” Ça m’a marquée car je traversais une période de doutes quant à mon avenir. Je trouvais que tout allait trop lentement. Il a vraiment fallu que je rencontre Valentin pour que tout se précipite. »

Aujourd’hui, Brune saisit toutes les occasions pour se produire sur scène. Sûr que l’an prochain, on devrait la revoir sur une scène printanière ou estivale.

THIERRY COLJON

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