PJ Harvey envoûte le Cirque

Pour son premier des deux concerts belges, l’Anglaise a livré une prestation contrastée vendredi soir au Cirque royal. PJ Harvey reviendra cet été à Rock Werchter.

C’est peu de dire que le retour d’une des artistes majeures du rock alternatif était attendu. Les places des deux concerts bruxellois, les premiers de la nouvelle tournée européenne de Polly Jean, se sont envolées en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Avec comme cerise sur le gâteau, Let England Shake, un huitième album enchanteur dont on se réjouissait d’entendre le pendant scénique.
Devant un public attentif au possible et entourée des fidèles Mick Harvey, John Parish et du batteur Jean-Marc Butty (tous excellents), la chanteuse a surtout logiquement fait la part belle à son dernier album. Vêtue de noir avec une espèce de couvre-chef à plumes noires dont les ombres qui dansaient sur les murs font songer au Black Swan, Polly Jean a commencé peu après 20h30 par « Let England Shake » et « The words that maketh murder », de nouveaux morceaux. Les interprétations sont aussi envoûtantes que retenues. La poétesse, extrêmement concentrée, joue de l’auto harpe, posée contre sa poitrine. Suivent « All & Everyone » et « The guns called me back again», ce dernier étant un nouveau morceau absent du disque. Et si l’interprétation est excellente, tout cela manque un peu de pêche. Bien sûr, c’est une première et ça ne doit pas être parfait le premier soir mais comme la chanteuse n’est pas des plus bavardes sur scène, on s’abstiendrait bien des interludes. Si elle troque son auto harpe contre une magnifique guitare blanche sur « Written on the forehead » qui contient, comme sur le disque, le sample du classique reggae « Blood and fire », il faut attendre le septième morceau pour que la miss du Dorset exhume « The river », emprunté à Is this Desire ? Bien sûr, les « Down by the water » ou « C’mon Billy », tous deux extraits de To Bring you my love, suscitent et déclenchent les passions mais l’ensemble pêche malgré tout par un manque de tension. En une toute petite heure et demie et bien follement applaudie à l’issue de celle ci, les avis étaient tout aussi contrastés sur le trottoir de la rue de l’Enseignement. Avec un tel répertoire, la Dame avait de quoi nous mettre à genoux. Ce sera sans doute pour ce soir. Même heure, même endroit.

Ph.Mn.


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8 commentaires

  1. Juju

    19 février 2011 à 12 h 49 min

    Concert court, aucune energie…
    Un rapel ridicule
    Decevant…

  2. Julien Uh

    19 février 2011 à 13 h 09 min

    Je ne partage pas ces critiques (soyons honnêtes, il est sûr que je suis un grand fan, hein). Parfois, les interludes font du bien aussi. Il n’est pas obligatoire d’avoir des enchaînements non-stop. Alors oui, il y a eu des couacs. Mais est-ce réellement dérangeant ? L’ambiance ressemblait effectivement à une répétition, mais cela peut aussi être vu comme une manière d’entrer dans l’intimité du groupe. Enfin, je suis surpris de ne rien lire sur ce qu’apportaient les percussions. j’ai réellement eu l’occasion d’entendre des sonorités originales.

  3. tom NYC/SPAIN

    19 février 2011 à 20 h 06 min

    PJ Harvey es la mejor…she is the best songs like “on Battleship Hill”, “The Glorious land”, “The last Living Rose” etc MASTERPIECE

  4. Lily

    21 février 2011 à 11 h 10 min

    Avec un album aussi étonnant et poétique, c’est normal que l’énergie d’antan ne pouvait être la même! PJ change, évolue, prend le parti de nous présenter un album très mûr et différent. Perplexe au début (je m’attendais aussi à plus d’énergie sur scène et une PJ plus présente), j’ai été emportée par sa poésie, touchée par ce côté très intime et secret. On la sentait concentrée, livrant quelque chose d’intime. Au fond, ça parle bien plus qu’un personnage rock flamboyant…

    Je suis d’accord avec Julien, le percussionniste était incroyable de justesse et d’originalité. Un personnage très présent.

    PJ nous ouvre les portes d’un nouveau monde. Et même si j’adore l’ancienne PJ avec sa voix grave et rock, la nouvelle PJ est d’autant plus émouvante.

    Dommage que le public n’accepte pas ce changement…

  5. roger

    21 février 2011 à 23 h 28 min

    Pour moi…Ce concert a été magique ! Bien sûr , il y aura toujours des grincheux pour reprocher à la chanteuse de ne pas établir le contact avec le public . Mais je trouve plutôt cool qu’elle ne nous ai pas infligé les lieux communs du genre ” I love you ” ou encore “I’m happy to be there tonight ” .
    Son dernier album est magnifique ! Le son excellent du groupe ( tout en retenue mais efficace à mort ) et l’ambiance feutrée du concert m’ont permis de plonger ” en profondeur ” dans l’univers fantastique et envoûtant de cette femme d’exception . Merci Polly Jean !

  6. Nico

    23 février 2011 à 7 h 39 min

    je n’ai malheureusement pas eu de places pour le cirque royal… mais j’en ai pour vendredi à l’olympia. je suis réellement IMPATIENT à l’idée de découvrir ce merveilleux et mélodieux dernier album en live…
    vos critiques et analyses me donnent une meilleure idée du type de concert que je vais voir et je vous en remercie…

  7. renaud

    23 février 2011 à 9 h 50 min

    Le second soir était simplement parfait. Sa robe noire étant sans doute au pressing, c’est tout en blanc qu’elle déambule (les plumes sont les mêmes;). Mick Harvey et John Parrish sont impériaux, et le batteur remarquable, au jeu très personnel comme déjà mentionné plus haut à juste titre. Le son impeccable. Evidemment, on est loin du « helloBrussels!one-two-three-four ! » à 120DB et c’est très bien comme ça. Même les interludes, loin de déforcer l’ensemble du concert, mettent chaque chanson en valeur, comme dans des écrins. Et ils ont leur utilité : prendre le temps restituer les morceaux avec les superbes instruments avec lesquels ils ont été enregistrés, voir les photos sur le site officiel. Si ça c’est pas respecter son public ! Le jeu d’auto-harpe de PJ est étonnant et témoigne d’une évolution constante de la musicienne – il aurait été beaucoup plus facile de claquer quelques accords sur sa vieille strat! Les anciens titres (C’mon Billy et Down by the water, mais aussi Angelene – waw ! – Big Exit, Meed Ze Monsta en rappel…) cadrent parfaitement dans l’ensemble tant du point de vue des thème (l’eau, la guerre, la séparation, la violence…) que des atmosphères. Le chant est… limpide.
    Espèce de canard sauvage gothique à la Barry Lyndon, ta voix, ta musique et ton regard nous ont inondés et je suis encore dans ton monde…

  8. Klejniak Tatiana

    25 février 2011 à 7 h 46 min

    Très étonnée de lire diverses critiques sur le soi-disant manque d’entrain de ce concert que pour ma part j’ai trouvé d’une beauté et d’une justesse toute “harveyenne”. PJ Harvey était totalement présente, sans besoin aucun d’en rajouter, sa voix d’une limpidité totale et entourée de musiciens plus que compétents et eux aussi d’une présence tout en discrétion et cependant, et c’est bien cela qui est beau et juste, complètement là. PJ Harvey n’a et n’a jamais eu besoin d’artifice, tout est là, en elle, et ce soir du 18 février, elle nous l’a donné, avec toute sa pureté et son entièreté. C’est bien en cela qu’elle a toujours transcendé les modes et les courants. Merci Polly Jean pour ce concert et plus globalement pour être ce que tu es, ce qui à notre époque et la marque d’une différence vitale.

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