Hurts, car tout n’est pas joyeux

Souvenez-vous, l’été dernier… En radio, il n’y en a que pour Hurts, dont le single, « Wonderful life », passe quasiment en boucle du matin au soir. Le duo anglais investira ce 1er mars l’Ancienne Belgique.

Pour Theo Hutchcraft (au chant) et Adam Anderson (aux synthés), tout commence voici quatre ans, devant une boîte de nuit où des amis communs font le coup de poing. Tous deux gardent le contact, puis bidouillent un peu de musique via le Net avant se lancer véritablement dans un projet commun. Hurts, c’est une électropop qui lorgne sans surprendre vers les années 80, tant du côté des sonorités que de l’esthétique. Il suffit d’écouter Happiness, leur premier album sorti en septembre, pour s’en convaincre. Ce 1er mars, les deux Mancuniens n’en joueront pas moins dans une AB sold out depuis un bon moment.

A propos de ce premier single, beaucoup de monde a pensé que vous chantiez une cover de Black ?

Certains oui, mais aussi étonnant que ça puisse paraître, nous n’y avions même pas pensé. En tout cas pas tout de suite. Au bout d’un moment, bien sûr, ça a fait « tilt ». Mais n’y a-t-il pas aussi un film intitulé Wonderful life ? Et c’est également une chanson de Gwen Stefani, mais ça, personne ne l’a signalé !

Votre vie est plus merveilleuse aujourd’hui ?

Elle peut l’être. Elle l’est certainement plus que quand nous avons formé Hurts. A l’époque, nous n’étions pas heureux du tout, nous étions au chômage, nous n’avions pas de ressources financières, connaissions beaucoup de difficultés… C’est surtout de là que vient la tristesse qu’on peut ressentir dans les morceaux. Mais c’est étonnant de voir combien de changements peuvent se produire en un an !

Très classieux, le clip tourné en noir et blanc pour « Wonderful life » ; le visuel compte beaucoup, pour vous ?

C’est très important ! Il faut tout y mettre en œuvre parce qu’il en dit bien plus sur la personnalité de l’artiste, qui il est. Et puis, travailler sur le visuel est simplement excitant. Il faut qu’il soit représentatif de la musique. Elles ne sont pas nombreuses, les pointures qui arrivent à bien présenter et représenter leur musique. En dehors de Prince, Jackson ou Madonna, ce n’est pas vraiment le cas de tout le monde.

L’inspiration vous est venue d’où, pour ce visuel ?

Quand nous avons commencé, c’était Lynch, Fellini, des gens comme ça. En réalité, c’est une combinaison de beaucoup d’éléments, dont certains issus du cinéma européen de jadis. Des gens comme Fellini et Lynch ont su faire ressortir quelque chose de glamour de situations et de gens qui sont finalement très normaux.

Vous aimez les années 80 ? Le son de cette décennie ?

Pas tout. Juste Depeche Mode, Tears For Fears, Prince, Michael Jackson… A part eux, pas plus que ça, vraiment.

Dans les années 90, on a beaucoup dit des eighties qu’elles n’avaient pas été très intéressantes. Et aujourd’hui, elles inspirent des centaines d’artistes…

Peut-être est-ce parce que faire de la musique électronique est aujourd’hui plus accessible, et la seule référence que vous pouvez avoir quand vous faites de la musique électronique est l’époque où elle était à son meilleur niveau, c’est-à-dire les années 80. Et puis, on a fait de la très bonne pop music, dans les années 80. Des choses uniques, très intéressantes, avec lesquelles toute une génération a grandi. On dit que c’est daté, qu’il y a beaucoup à y déplorer, mais c’est aussi une décennie de très bons musiciens, d’une utilisation originale des sonorités électroniques, d’une pensée avant-gardiste…

En quoi êtes-vous différents ?

Nous représentons une alternative à la pop, à un certain type de pop qui domine les hit-parades, une pop très joyeuse et paternaliste en même temps. Il y a toujours un revers qu’il faut prendre en compte… Il y a eu les Spice Girls et Oasis, dans les années 90. Dans les années 80, c’était Bananarama et Depeche Mode… Or aujourd’hui, on n’a qu’un aspect, pas vraiment d’alternative. Enfin, si : nous et quelques rares autres. Car tout n’est pas joyeux.

Didier Stiers

Le 1er mars à l’AB (sold out). Album : Happiness (Sony). www.myspace.com/ithurts


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