(You will have to) Play it again, Vito

La deuxième édition des PIAS Nites a eu lieu hier à Bruxelles, après un petit détour par Paris la veille. Le concept était similaire à l’an dernier, à savoir du rock pour débuter la soirée et de l’électro pour enfoncer le clou. Jim Jones Revue, Crystal Fighters, Cassius ou Aeroplane se sont ainsi succédés sur la scène de Tour & Taxis. Avant les adieux de Faithless, ce soir.

C’est une réalité dont on n’a pas l’habitude, mais de nos jours, le rock se joue entre 19 et 21 heures. Du coup, quand on débarque dans l’immense hangar de Tour & Taxis, la batterie sonne creux et les guitares résonnent. Les vieux briscards de Jim Jones Revue ont beau y aller à fond, toute énergie devant, ils sont tout au plus quelques centaines de personnes à recevoir ces déflagrations de rock stoogien – dans un endroit qui peut en accueillir cinq à six mille. La question qui nous vient étant alors : combien étaient-ils pour The Van Jets, programmés à 19h15? Pour le dire clairement, il faut arrêter avec ces horaires de retraités, ce n’est simplement pas possible! Personne n’y trouve à gagner: ni les organisateurs, ni les groupes, ni le public.

Mais la soirée ne fait que commencer, et sera riche en surprises et découvertes. Et bien d’autres choses encore… Prenez les new-yorkais de Matt & Kim. Voilà des gens qui ont le plaisir simple. Donnez-leur une batterie et un vieux synthé et ils s’amusent comme des gosses. Lancé de ballons, déconnades en tout genre et cet immense sourire qui reste figé sur le visage de Kim. Un enthousiasme indétrônable. Au niveau musical, certes, il n’y a strictement rien à retirer de leur électro-pop-do it yourself, mais comme chauffeur de salle, le duo est impeccable.

Le premier grand moment musical viendra avec Crystal Fighters. Avec leur look hippie-chic, les Anglo-Espagnols proposent une musique assez inclassable, mixant dance, rock, folk et musique traditionnelle basque, ce dernier élément donnant à l’ensemble un intérêt qui fait la différence. Le mélange des genres est totalement maîtrisé et le quintette a une vraie présence scénique. Crystal Fighters a sorti son premier album en octobre dernier. On suivra la suite avec intérêt.

On passera par contre sur le set de Buraka Som Sistema qui nous a semblé durer des plombes sur le même rythme. On en profite pour faire le tour du propriétaire alors que le public vient grossir les rangs – il finira par remplir environ 2/3 de la salle. T-shirts, CD’s et vinyles sont en vente au stand PIAS à bon prix (12€ les CD’s et vinyles, 7€ pour le back catalogue). Et il est bientôt temps de retrouver la salle principale où Cassius s’apprête à mettre tout le monde d’accord.

Il est courant dans certains milieux conservateurs de dire qu’un DJ set n’est pas aussi noble qu’un concert live. C’est cette idée que Cassius aura démonté hier soir de la manière la plus classe qui soit. Les deux Français jouent avec les textures sonores et les rythmes comme un couple s’amuse lors de préliminaires érotiques. Le jeu sur la matière est toujours subtile, surprenant, tout en relief, tantôt le mouvement est doux et calme, tantôt énergique et ferme… Et quand arrive le passage à l’acte, ce sont Daft Punk et Justice autant que leurs propres tubes que Cassius envoie sans prévenir, et le plaisir nous explose alors la tête. Et Cassius de prouver autre chose en passant: la France est maîtresse de l’électronique.

A ce moment, on aimerait vous faire souligner, chers lecteurs, le professionnalisme de votre serviteur qui, sur le terrain depuis 20h30, a toujours les yeux clairs et les oreilles affûtées afin de pouvoir décrire ce qui suit. Sauf que ça ne va pas être possible… Car si le set de Cassius était proche de la perfection, il était aussi très long. Vito De Luca, alias Aeroplane, a beau être l’auteur de la chanson la plus irrésistible de ces dernières années, le genre de tube à nous faire remuer du cul sans nous en rendre compte à tout moment en tout endroit, ce soir, c’est trop tard, on ne peut plus voler. Une bonne partie du public a d’ailleurs déjà quitté les lieux et à dire vrai, le début du set d’Aeroplane n’a pas réussi à nous transporter. Allez, il y aura d’autres occasions.

Désormais, place à Faithless.

Didier Zacharie

Jim Jones Revue, Rock ‘n Roll Psychosis
Matt & Kim, Daylight
Crystal Fighters, Follow
Cassius, I Love You So
Aeroplane, We Can’t Fly

Journaliste lesoir.be

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3 commentaires

  1. Sim

    27 mars 2011 à 11 h 10 min

    On a le même problème à notre petit festival rock-électro…
    La tête d’affiche rock joue à 22h30 pour laisser la nuit aux platines. Les gens arrivent à cette heure là, mais pour tous les groupes avant… qui viennent parfois de loin… galère.

  2. MAnu

    27 mars 2011 à 11 h 43 min

    Dedjoss’, elle pique aux yeux cette chronique. Vous connaissez Word? Antidote? Les bases de la syntaxe?

  3. Le Peuple

    27 mars 2011 à 13 h 18 min

    “Et Cassius de prouver autre chose en passant: la France est maîtresse de l’électronique.”

    pfffff, qu’est-ce qu’il faut pas lire… enfin cela correspond au niveau du public Pure FM / PIAS…

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