Décollage immédiat pour Cascadeur

Alexandre Longo se produit sous le nom de Cascadeur. Son premier album, qui suit trois disques autoproduits depuis 2008, est aussi introspectif qu’envoûtant.

C’est sa victoire au concours CQFD du magazine français Les Inrockuptibles en 2008 qui fait connaître ce Lorrain qui se cache derrière le nom de Cascadeur. Alexandre Longo, pour l’état civil, pianiste depuis l’enfance, sort, après trois opus autoproduits, un album introspectif et envoûtant. Nous l’avons retrouvé il y a quelques semaines, de passage à Bruxelles aux studios ICP, pour une petite causette bien sympathique.

Qui êtes-vous, Cascadeur ?

J’ai déjà enregistré trois albums autoproduits et je tourne régulièrement depuis plusieurs années. The Human Octopus peut être considéré comme la synthèse des trois. C’est sûr que le morceau sur la compilation des Inrocks m’a apporté une petite notoriété mais il y a eu plusieurs années de mise en place en amont où je sillonnais la France tout seul avec beaucoup de matériel. Après l’épisode CQFD, j’ai travaillé avec Alias, qui s’occupe des concerts parisiens de PJ Harvey ou d’Agnès Obel, par exemple.

On pense beaucoup à Perry Blake et Greg Armstrong en écoutant « The Human Octopus ». Ce sont des artistes qui vous touchent ?

J’aime beaucoup Perry Blake et Greg Armstrong. J’ai bien aimé cette mouvance trip hop. Mais Tim et Jeff Buckley et Patrick Watson aussi. Si vous faites allusion à Greg Armstrong pour son approche classique, j’ai une formation classique.

L’allusion à Greg Armstrong, c’est parce que, comme lui, votre musique est cinématographique et que « Into the wild », morceau d’ouverture du disque, fait directement référence au film de Sean Penn. Vous souhaiteriez écrire des bandes originales de films ?

On me dit souvent ça. J’ai fait quelques petites collaborations mais c’est clair que j’aimerais en faire beaucoup plus. Je tiens peut-être quelque chose avec un projet avec Emmanuelle Béart et Jacques Gamblin.

Par contre, c’est vrai que le cinéma est important dans ma vie. J’ai pensé à un moment suivre des cours et j’ai lu beaucoup de choses sur David Lynch, Scorsese, Terrence Mallick ou les Frères Coen, même si un de mes phares reste Orson Welles. Il a touché à tellement de choses. Il jouait du piano, a révolutionné la radio et le cinéma. C’était un homme curieux et fascinant qui m’a captivé jusqu’à sa chute en tournant des pubs merdiques. C’était un Don Quichotte.

Le pianiste Bill Evans me fascine tout autant. Un artiste qui met cette culture classique au service du jazz mérite le respect. Difficile de ne pas citer Radiohead ou Björk, des artistes qui ont décomplexé une génération de musiciens en leur donnant envie de toucher à tout.

On revient au morceau « Into The Wild », si vous voulez bien ?

Ecrit dans la foulée du film. J’étais dans une sale passe. Je devais me battre, j’ai eu chaud, c’était à la limite mais je n’ai jamais perdu la foi. J’étais comme un pêcheur qui n’avait pas toujours d’hameçon. C’est comme rêver d’être joueur de foot. La musique, c’est un peu la même chose. Tu as le choix entre un beau stade et un terrain vague mais l’amour de la musique ou celui du foot sont identiques. Messi est un grand artiste. J’adore le foot. Je me souviens de Dany Boffin, qui jouait à Metz. On l’appelait La Mobylette.

Vous devriez faire une interview pour So Foot…

Je l’ai faite. (Cascadeur est bien dans le numéro d’avril 2011 du magazine-NDLR.) J’ai bien connu Pirès aussi. Je suis même allé à son mariage. J’ai également été chez lui à Londres mais je n’ai pas pu rester pour le match à Arsenal parce que j’avais un concert. Il était devenu champion du monde et était toujours aussi sympa.

C’est quoi cette histoire de casque ? De la timidité ?

Enfant, je me déguisais souvent. J’aime bien l’ombre. Ce n’est pas facile de s’exposer. Je suis sans doute trop émotif. Du coup, cette démarche de ne pas vouloir se montrer s’est imposée naturellement à moi.

Et votre chanson « Your shadow » ?

C’est lié au manque d’intérêt des gens face à ma musique par le passé où j’avais l’impression d’être une ombre. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Alors qu’il y a deux ans, je faisais encore tout entièrement seul, j’ai maintenant une équipe autour de moi et un label qui aime vraiment bien ce que je fais.

Cascadeur en concert le 16 avril 2011 à Tourcoing (Grand Mix), le 1er mai à Arlon (Festival Les Aralunaires), le 13 mai à Bruxelles (Cirque royal – Nuits Botanique) et le 27 juillet à Spa (Francofolies). http://www.myspace.com/cascadeur http://www.myspace.com/cascadeur

PHILIPPE MANCHE

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1 commentaire

  1. A.T

    17 avril 2011 à 20 h 51 min

    Je l’avais vu en première partie d’un concert, c’était assez spécial, mais sympa.
    On décrochait de temps en temps, mais dans l’ensemble, c’était vraiment pas mal !

    Juste que pour chauffer une salle, c’était pas terrible!

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