Alela Diane nature

Une fille terriblement nature, que cette Alela Diane, dont le folk réserve plus d’une douce surprise.

C’est pendant la tournée montée pour To be still, son album précédent, et tout au fond du bus plus précisément, qu’elle a commencé à écrire nombre des textes qui figurent aujourd’hui sur son nouveau disque, joliment intitulé Alela Diane & wild divine. Voyez-le comme une sorte de carnet de route. Ou d’états d’âme, c’est selon…

Écrire en tournée donne aux chansons une atmosphère particulière ?

J’étais sur la route depuis trop longtemps, complètement épuisée, et fin 2009, j’ai décidé de faire un vrai break. Je suis restée à la maison quasiment pendant douze mois. J’en ai profité pour reprendre ces textes, les retravailler, en faire des chansons, trouver des mélodies…

Cela a-t-il changé quelque chose pour le groupe qui vous accompagne ?

Mon mari, qui jouait de la basse dans le groupe, est passé à la guitare. Je joue de la guitare sur quelques chansons. Mon père joue de la guitare électrique. Nous avons aussi un nouveau batteur et un nouveau bassiste. Tout ceci, en plus de ces chansons un peu différentes, plus soigneusement finies, fonctionne un peu comme un renouveau.

Ici et là, le son a même l’air plus plein, plus dense…

C’est vraiment la première fois que j’ai retravaillé les chansons jusqu’à ce qu’elles soient exactement comme je les voulais. Les textes et les musiques sont plus structurés que jamais. Nous avons travaillé avec un producteur qui nous a aidés pour les arrangements et les décisions… Du coup, oui, ce que je fais aujourd’hui est un peu différent.

Être au fond d’un bus de tournée, c’est une source d’inspiration en soi, quand on écrit ?

Pour certaines raisons, beaucoup des textes sont nés comme ça. J’étais totalement fatiguée. Il y en a qui parlent d’endroits divers, par exemple. « Heartless highway » parle du fait d’être depuis trop longtemps en route. Les premières lignes de « Rising greatness », « At the end of the days the song that I sing is the same », disent ce que c’est que d’être sur scène, quand on chante toujours les mêmes chansons…

Certaines chansons, comme « Elijah » ont quelque chose de très naturaliste. Vous y racontez une rencontre ?

Je suis aussi beaucoup inspirée par les rêves, et des choses un peu folles qui se passent dans un endroit où je suis, ou quand je rencontre quelqu’un. « Elijah », c’est une narration, c’est moi qui rends compte de cette rencontre avec une fille prénommée Madeline, qui a un fils appelé Elijah. J’étais dans le sud de la France. C’est une chanson que j’ai écrite il y a longtemps, même avant la sortie de To be still. Je l’avais un peu oubliée et je l’ai retrouvée.

La nature vous inspire toujours ?

Je vis encore à Portland, dans un quartier plein d’arbres, où il y a un parc… Les changements de saison, ce genre de choses, tout ça compte beaucoup pour moi. Dans mes chansons, j’ai tendance à utiliser ces images de la nature pour illustrer mon propos, c’est mon médium à moi, ma traduction…

A propos de tournée, pour certains artistes, c’est comme d’être pendant des mois dans une seconde famille. Quand vous tournez, c’est avec la vôtre…

Et c’est chouette. Ils m’aiment, je les aime, on s’épaule. C’est important pour moi d’être entourée sur la route, je suis de nature très casanière. Et les avoir avec moi me donne l’impression d’être à la maison.

Le public vous voit différemment, du coup ?

Je crois, oui… Quand j’ai commencé à jouer de la musique avec mon père, ça me semblait spécial, et ça l’est toujours. Ça crée une magie, j’en suis sûre.

Didier Stiers

En concert à l’Ancienne Belgique, le 1er mai.


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