Sur la route avec Moriarty

Le Printemps de Bourges aime rappeler que c’est ici que tout a commencé pour Moriarty. C’était en 2006, sur une scène ouverte, en off. Le groupe, lui, rappelle tout de même que le festival n’avait pas voulu les programmer. Il leur faudra attendre 2007 et le single «Jimmy» pour que l’album Gee Whiz But This Is a Lonsesome Town ne connaisse le succès, sur le label Naïve, avec disque d’or à la clé.


Formé à Paris par des amis d’enfance rencontrés au lycée américain, Moriarty, c’est cinq artistes d’origine française, suisse, vietnamienne et américaine, qui ont en commun d’avoir des parents américains. Après avoir beaucoup tourné et multiplié les collaborations (des musiques de films et pour enfants), avec une Rosemary qui a prêté sa voix à Emily Loizeau, aux Françoises, aux Fitzcarraldo Sessions…, voici que Moriarty nous revient avec un nouvel album, The Missing Room, produit par leur batteur, sur leur propre nouveau label. Une prise de risque que le groupe, que nous avons rencontré, assume pleinement: «Nous l’avons fait dans un esprit total d’indépendance.

On s’est fait draguer par des firmes très importantes, mais on voulait être plus libre.»
Chez Moriarty, on cultive le Do It Yourself, out en privilégiant les concerts: «On a commencé notre tournée en octobre dernier, pour tester et faire évoluer nos nouvelles chansons. Le disque, finalement, est un accident de parcours.Le premier, réalisé avec un producteur suggéré par notre firme de disques, avait un peu trop de polissage, sans erreurs. Celui-ci est plus fidèle à la scène et a d’ailleurs été réalisé dans les conditions du live. On a sorti “Isabella” comme premier single, uniquement parce que c’était le premier titre mis en boîte.»

Moriarty (nom inspiré par un personnage de Conan Doyle et par le héros de Sur la route, de Jack Kerouac), c’est avant tout la voix forte et claire de Rosemary, et puis cette musique country-blues métissée aux multiples influences. Sur The Missing Room, l’électricité y est plus présente mais sans rien enlever à cette mélancolie tissée sur des histoires un peu fantastiques dans une ambiance de film noir: «Les héros des films noirs se retrouvent face à un destin implacable qui les rattrape, un peu comme Œdipe finalement. Notre musique est trop cérébrale pour être populaire, notamment aux Etats-Unis. On a tous grandi en France, un pays très possessif. On a du mal à se définir comme des exilés même s’il y a une transmission de cela. On a en commun comme une distance par rapport à nos origines.»

Le disque à peine sorti (il le sera en Belgique le 26 avril), Moriarty repart sur les routes. Avec ce charme particulier, cet accordéon se mariant à l’harmonica, et la voix exceptionnelle de Rosemary servant de guide au voyage.

BOURGES, DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
THIERRY COLJON

Moriarty sera au Cirque royal, le 17 mai. Album The Missing Room (AMG).


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