La Nuit à Courchevel

La peau d’ours blanc de la pochette de Courchevel est sur scène, tout comme le cadre kitsch avec vue sur la montagne. Jusqu’au gilet ridicule de Florent Marchet, le seul véritable moustachu de la nouvelle chanson française.

Avec ce troisième album, le chanteur berrichon (du Berry, au cœur de la France, dont Bourges en est la capitale) est enfin passé au statut de vedette. Avec les titres « Benjamin » et « Courchevel », les radios ont entendu ce trentenaire bourré de talent. Et par là même adoubé celui en qui il est facile de voir le seul et unique fils spirituel d’Alain Souchon. Pas moins !

Il y a chez Florent Marchet cette tendresse et cette plume à même d’analyser le moindre fait de société, avec des détails d’une grande subtilité.

Sur scène, Florent a grandi et trouvé son style, comme on a pu s’en rendre compte récemment au Printemps de Bourges – son jardin, là où tout a commencé pour lui, même qu’il n’a pas arrêté de chambrer son public en jouant le Parisien snob. Et en même temps, Florent se moque de lui, parlant de « sa moustache affreuse et de son pull ridicule ».

Humour et tendresse mais aussi rock’n’roll avec un groupe d’enfer – le Grand Courchevel Orchestra – avec lequel il peut tout se permettre, même une version déjantée de « Des hauts, des bas » de Stephan Eicher et un final très rock’n’roll avec « Tous pareils ».

Florent nous l’avait dit il y a peu, dans une brasserie parisienne : « J’écris comme un photographe qui fait attention à la lumière, tout en étant témoin de son époque. Je parle de choses qui me touchent et si les sujets sont graves, il ne faut surtout pas négliger le côté esthétique. »

Un exemple ? « La charrette », inspirée par la charrette de son grand-père qui a longtemps trôné dans le jardin. Une façon aussi d’évoquer les licenciements dans un monde en crise. « Qui je suis » parle d’un SDF, « Benjamin » d’un homme qui refuse de grandir, « Courchevel » des différences sociales… Autant d’observations fines et subtiles.

Florent Marchet sera ce soir à l’Orangerie, après Stéphanie Crayencour et Bertrand Belin.

THIERRY COLJON

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