Il y a crazy vibes et crazy vibes

Selon qu’on se prénomme Conor ou Sanne, on ne remplit pas le Marquee de la même manière. Ce samedi soir s’y succédaient Bright Eyes et Selah Sue ; on y a facilement trouvé de la place pour le premier, et on s’y est entassé pour la seconde… Étonnant, non ? A votre avis ?

Selah Sue, après la place des Palais pour Taratata puis Couleur Café le week-end dernier, a trouvé à Werchter un public entièrement à sa dévotion. Les sourires que s’échangent son bassiste et son guitariste, les regards que lui jettent subrepticement les security guys supposés faire face à la foule en disent long sur son statut grandissant. De fierté nationale ajouterait-on de manière un peu vacharde quand on l’entend s’adresser au public exclusivement dans la langue de Vondel. Un peu comme si ses chansons n’avaient pas circulé dans la partie francophone du pays. Pas grave cela dit : Sanne semble savoir bien mener sa barque et mettre tous les publics dans sa poche en deux « crazy vibes ». Comme à Dour, dans ce Dance Hall complètement sous le charme… Côté son, ici à Werchter, on peut rester sur sa faim quand, comme bibi, on aime le genre qu’elle pratique dans une version moins cinglante, plus soul avec des cuivres à la place des synthés.

Avant elle, c’est Conor Oberst, toujours planqué derrière ses lunettes solaires, qui foulait la scène du Marquee. Pour y installer son univers pop-rock traversé de quelques échappées folk, mais surtout un peu hanté, un peu psyché. Un univers qui ne se ferait pas sans une certaine luxuriance sonore. Piano, trompette qui couine en sourdine, deux batteries ou encore lapsteel (comme sur ce tout bon « Old soul song » contribuent à installer ces sortes d’atmosphères qu’on a aussi déjà pu apprécier en compagnie, par exemple, des Flaming Lips ou de Mercury Rev. Au-delà, c’est parfois même carrément irrésistible, avec cet « Road to joy » qui induit ce petit mouvement du genou bien connu. Ou ce « One for you, one for me », parfait pour se quitter… et propice pour un petit saut dans le frontstage, assorti d’embrassades avec quelques festivaliers du premier rang. Conor, merci !

Didier Stiers


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