Aux Ardentes aussi, on danse…

Chaussez vos dancing shoes. Ce week-end, les Ardentes sonnent la charge. Avec Stromae et Kelis, le festival liégeois transformera dès jeudi soir les bords de la Meuse en boîte de nuit. Tandis que vendredi et samedi, le parc Astrid de Coronmeuse accordera une place de choix aux musiques électroniques.

Il y aura bien les décalés Herman Dune, la hype Connan Mockasin, les vieux briscards de Jim Jones Revue, la pop suédoise de Junip et l’ex-Libertines Carl Barat au pays de Tchanchès, mais il suffit de se remémorer les assistances plus que clairsemées devant Cold War Kids et Pavement lors des dernières éditions pour réaliser que la plupart des festivaliers ne se rendent pas aux Ardentes pour la pop et le rock indé…

« Je concède qu’un “guitare/basse/batterie” peut parfois tomber à plat après un set électro. C’est une source de questionnement », remarquait déjà l’un des deux manitous, Fabrice Lamproye, en 2009.

Les organisateurs l’ont compris depuis un bout de temps. On va de plus en plus en festival pour danser.

Quand les rassemblements musicaux ne sont pas tout entiers dédiés à l’électro, comme les 10 Days Off à Gand et l’Openfields à Charleroi, ils lui attribuent de longues plages horaires. Voire l’une ou l’autre scène. C’est un fait. Comme à Dour et au Pukkelpop, certains peuvent terminer les Ardentes sans avoir vu un manche de guitare. Les Liégeois sont pourtant loin d’avoir cassé leur tirelire et misé sur des Superstars DJ’s… Leur préférant des Mondkopf et des Darkstar…

Ce n’est définitivement pas un hasard si en trois ans et quatre éditions, les Transardentes, les Ardentes électroniques, organisées en janvier, flirtent toujours avec le sold-out. Attirant chaque année plus de 10.000 spectateurs suant à grosses gouttes sur des beats en tout genre. Pas un hasard non plus, si le festival estival liégeois est à quelques tickets de crier complet. Si le camping est full. Si toutes les places de quatre jours ont d’ores et déjà trouvé preneurs. Et si les journées de vendredi et dimanche se joueront plus que probablement à guichets fermés.

Après quelques tâtonnements, une édition ou l’autre plus difficile, les organisateurs semblent avoir trouvé le bon dosage pour parler à leur public avec des têtes d’affiche mainstream comme Mika, des grands noms du rap tels que le Wu-Tang Clan et Snoop Dogg, des Belges qui cartonnent et vendent des camions de disques (Stromae, Selah Sue, Triggerfinger, Puggy…). Puis dans le rock, le skate punk de Sum 41 et le nu métal de Limp Bizkit. Deux genres clairement connotés ados.

Certes, c’est rarement très audacieux passé 20 heures mais l’après-midi, ils continuent de se (et de nous) faire plaisir avec des groupes pop comme Avi Buffalo, des artistes bricolos et rafraîchissants à la Gablé/Hoquets. Et des vrais paris tels que le sont les Canadiens de Braids. Bref, comme à Werchter, on s’y ennuiera par moments. Mais les Ardentes devraient nous réserver quelques temps forts.

Pour le dancefloor

Lektroluv

Le label gantois s’offre une bonne partie de la soirée de vendredi au HF6. Plusieurs de ses pensionnaires s’y activeront, à commencer par HighBloo (Luca Di Ferdinando, un tiers des Subs ; notre photo) sur le coup de 23 h 30. Les Subs, puisqu’on en parle, enchaîneront tout de suite avec, on l’imagine, un live qui remuera encore plus que sous le Marquee à Werchter. Au programme encore, Mumbai Science, un duo belge, ainsi que le patron du label et initiateur des compiles électro qu’il sort régulièrement, soit le Dr. Lektroluv (Stefaan Vandenberghe), toujours camouflé sous son maquillage vert.
Vendredi, 23h30-05h, HF6.

Discodeine

Un duo parisien. Benjamin Morando et Cédric Marszewski ont pour noms de scène Pentile et Pilooski (le dépoussiéreur de plaques des années 60, voire 70) ; ils viennent de sortir leur premier album (Discodeine) et se positionnent déjà en tête du peloton nu-disco. Avec nu pour new, bien sûr. Si les deux garçons ont voulu aussi jouer aux auteurs plus pop, il faut reconnaître que leurs compos directement destinées au dancefloor sont diantrement accrocheuses. Parmi celles-ci, parfaites pour onduler du bassin, « Invert » ainsi qu’un « Synchronize » sur lequel Jarvis Cocker de Pulp a posé son phrasé de dandy. Samedi, 3 h-4 h, HF6.

Art Department

Attention aux effets secondaires que provoque la deep house concoctée par ce duo. Une house dont les racines et les ingrédients sont aisément identifiables (grosses basses, influences new wave, voix graves et mornes, disco, funk…), tout au long d’un album (The drawing board) qui a déjà fait forte impression.. Un duo : Johnny White, patron d’un label canadien (N°19) et Kenny Glasgow, canadien lui aussi, actif dans le milieu depuis la fin des années 80. Ces deux-là sont en train de redessiner le petit monde de la nuit. Ecoutez « Without you » pour vous convaincre…
Vendredi, 18 h-20 h, Aquarium.

Pratique

Combien ? Le pass 4 jours coûte 105 euros, le ticket un jour revient à 45. L’entrée est gratuite pour les moins de 12 ans.

Info ? www.lesardentes.be

DIDIER STIERS et JULIEN BROQUET

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