Air Esperanzah : 30.000 passagers

Esperanzah a attiré pas moins de 30.000 spectateurs en trois jours à Floreffe. Che Sudaka a livré l’un des concerts les plus festifs du week-end


La crise alimentaire, c’est bon pour les affaires. » « Moins de festivals, plus de quinzaines commerciales… » Dimanche après-midi, alors que le soleil joue à cache-cache avec les nuages au-dessus de Floreffe, quelques slogans inhabituels s’élèvent de l’abbaye. Des mecs et des filles en costard brandissent des pancartes vindicatives. Une bande de capitalistes enragés n’a pas envahi le site d’Esperanzah ! C’est juste une « manifestation de droite » organisée par les collectifs Artivist et MARRE. Une manif où l’on scande des messages allant totalement à l’encontre de la philosophie du festival. L’humour est toujours un moyen très efficace de faire passer ses idées.

Alors qu’on vient de quitter la Galice d’Ialma pour le Portugal bercé par OqueStrada côté jardin, Jean-Yves Laffineur affiche un large sourire : « Côté cour, je fais parler le tempérament festif, anar et punk… Mais sur le haut du site, j’aime que les gens voyagent. »
Sur l’ensemble du week-end, 30.000 personnes auront opté pour Air Esperanzah ! Chiffre nécessaire à son équilibre budgétaire. Le grand manitou du festival a passé des nuits blanches à concocter son programme : « Dans le paysage actuel, tout le monde fait la course à la tête d’affiche. Je me disais que nous n’allions pas nous en sortir à ce petit jeu-là. Nous qui misons énormément sur la découverte. »
Dans les musiques du monde comme dans la pop et le rock, les cachets des artistes ont flambé. « Ils ont doublé en trois ans ! » Heureusement, l’Esperanzien est fidèle. « Nous n’avons pas que la musique. C’est notre force. Cette année, nous avons d’ailleurs remis l’accent sur les spectacles de rue. C’est une réussite. Comme la scène Côté cour déplacée dans un espace arboré qui laisse plus de place aux gens pour bouger, pour danser et prend des atours féeriques le soir… »
Ou encore la déco nocturne côté jardin où un immense œil nous observe à travers l’une des fenêtres de l’abbaye. Big Brother is watching you. Mais celui-ci est bienveillant.
Rêver d’un autre monde


Pour cette dixième édition, les préventes sont parties plus tard que d’habitude. Procurant aux organisateurs quelques sueurs froides. « Peut-être est-ce dû au mois de juillet pourri ? On n’avait vendu que 50 % des tickets il y a une semaine. Tu ne sais à ce moment-là plus faire grand-chose à part allumer une bougie à sainte Claire… »
Au final, les gosses grimés et leurs parents, les rastas et les ados, les babas et les bobos, ne se font pas prier pour prendre leur pied. A Esperanzah !, on fait des connaissances. Ça va de Gilles, le mec bourré mais sympa, qui vous tient la jambe à Jupiter Diop. Chanteur converti au Baye Fall, une confrérie mystique de l’islam sénégalais qui prône le travail et la tolérance. Son projet s’appelle Jupiter et Ma Shi Faï et est apparemment l’une des promesses du reggae belge. Avec les Têtes raides, AfroCubism et Chinese Man, la fin de ce 10e Esperanzah ! enchaînera rock alternatif français, équipe afro-caribéenne et électro hip-hop…Un autre monde est possible.
JULIEN BROQUET


commenter par facebook

6 commentaires

  1. Pingback: Air Esperanzah : 30.000 passagers | Le Soir | Actualités des Journaux

  2. Chris

    8 août 2011 à 8 h 35 min

    J’espère qu’Esperanzah va aussi demander l’annulation de la dette américaine. Il va falloir que les Esperanzahman y pensent, il y a aussi des gens pauvres la-bas.

  3. Djalil

    8 août 2011 à 10 h 09 min

    si je lis ce qui suit, apparemment il n’y a pas que de bons festivaliers… http://festivours.blogspot.com/2011/08/coup-de-griffe.html

  4. Bimbo

    8 août 2011 à 10 h 29 min

    J’espère que les Esperanzahmans vont aussi demander l’annulation de la dette américaine. Il y a aussi des pauvres là-bas.

  5. Bimbo

    8 août 2011 à 10 h 31 min

    J’espère que les Esperanzahman vont aussi exiger l’annulation de la dette américaine. Il y a aussi des pauvres là-bas.

  6. Fabrice

    12 août 2011 à 7 h 18 min

    @ Bimbo : annulons toutes les dettes, d’accord, mais repartons sur de nouvelles bases alors. Je veux dire par là : d’autres bases que la recherche effrénée du profit et le consumérisme sans limites. Une société plus sobre, plus saine, et plus joyeuse est possible !
    @ Djalil : en effet, des cons, y en a partout !

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>