Le Brussels Summer Festival souffle ses dix bougies

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Lancé en 2002 sous le nom de Eurit’mix, le Brussels Summer Festival, BSF pour les intimes, se veut plus que jamais un rendez-vous culturel populaire.

Un dixième anniversaire, voilà qui méritait une piqûre de rappel : si la musique est au cœur de ce festival (tellement qu’il compte une quatrième scène), on pourra également y prendre l’apéro (urbain), faire un détour par un musée, rejoindre un barbecue, s’asseoir à la Cinematek ou encore, y apprécier du théâtre nomade. En mai dernier, pendant les Nuits Botanique, nous avions eu l’occasion de découvrir Olivia Pedroli. La demoiselle de Neuchâtel s’affichait comme l’une des belles découvertes de l’édition 2011. Entourée d’un pianiste, d’un violoncelliste, d’un cuivre ainsi que d’un sorcier des machines, elle était venue donner à ses chansons plutôt folk des couleurs tour à tour expérimentales, bluesy, pop classieuses et jazzy. La même formation devrait l’accompagner au Brussels Summer Festival.

Les artistes venus du classique oseraient-ils plus les mélanges que par le passé ?

J’avais mis ces racines classiques de côté pour faire ce que j’avais envie de faire à l’époque, c’est-à-dire de la folk. Ensuite, quand j’ai eu envie de les explorer à nouveau, ça s’est fait avec l’expérience acquise pendant cette période folk, et les mélanges se sont faits naturellement.

Tous ne sont pas comme vous…

J’ai le sentiment que dans le milieu classique, pas mal de jeunes ont envie de se défaire de ce carcan très serré… En Suisse, en septembre, j’ai un projet dans un théâtre, avec un grand orchestre et une chorale, donc du classique, mais aussi des artistes électro. Quand je l’ai proposé, les gens étaient hypermotivés. Je crois qu’il y a cette envie de décloisonner un peu, d’oser y aller. En Islande, j’ai vu des concerts classiques dans des pubs ! Je trouve ça génial ; pourquoi ça ne devrait être que la musique des dieux, uniquement destinée aux riches ?

A propos de l’Islande, que cherchiez-vous chez Valgeir Sigurdsson (CocoRosie, Björk, Bonnie Prince Billy…), qui a produit votre album ?

J’ai sorti deux disques sous le nom de Lole, dans un format folk assez standard, basse-batterie (The smell of wait en 2005 et Sugary and dry en 2007), avant d’avoir envie de laisser ma formation classique – le violon, le Conservatoire… – refaire surface, tout en allant vers quelque chose d’un peu plus expérimental, électro, dans le sens “ architecture sonore”. Il y a trois ans, j’ai aussi tourné en Scandinavie et j’ai développé une sorte de feeling avec les pays du Nord. C’est là-haut que j’ai cherché. Quant à Valgeir, il dirige un label sur lequel ne se retrouvent que des gens issus de ces trois milieux-là (Bedroom Community). Je lui ai écrit un mail, il m’a fait savoir qu’il était intéressé, on s’est vus et on a décidé de bosser ensemble.

Qu’est-ce qui vous touche dans « Something in the way », votre reprise de Nirvana ?

Je crois que c’est un univers assez proche de celui de mon disque. La mélancolie, la recherche du bonheur, de la compréhension de ce qui nous arrive… En même temps, c’est être dans le monde de l’imaginaire. Cette chanson a aussi ce côté « tanière ». Si j’ai intitulé mon disque The den, c’est en référence à ça aussi : être cloîtré, enfermé sur soi-même, mais ce qui donne une liberté énorme parce qu’on est dans le monde de l’imaginaire, où toutes les rêveries sont possibles. Et du coup, toutes les émotions, les plus douces comme les plus extrêmes, peuvent arriver, s’enchevêtrer, vous emmener sur des montagnes russes…

Pourquoi voit-on si peu d’artistes suisses par chez nous, à part Eicher, les Young Gods et quelques rares autres ?

Il y en a, mais nous sommes comme vous un petit pays, et il faut un peu de temps pour se faire entendre. Chez nous, il y a un peu ce complexe du petit Suisse renfermé sur lui-même, sur son île au milieu de l’Europe, et qui donc n’ose pas trop aller ailleurs. Cela dit, c’est en train de changer. En musique, de très belles choses se font, qui ne sont peut-être pas encore sorties de Suisse mais je ne doute pas que ça va arriver… Et puis, nous avons ce magnifique avantage, comme Belgique, du plurilinguisme et des origines différentes…

20 août – Magic Mirrors – 21 h 30

3 raisons d’y aller

1 Du 12 au 21 août, le BSF, c’est un maximum de concerts en dix jours, mais c’est aussi beaucoup de rendez-vous « autres ».

2 Le festival permet de découvrir des endroits qu’on n’a pas trop l’habitude de fréquenter.

3 Le prix reste convivial. En prévente, le pass 10 jours revient à 30 euros, notamment pour écouter Hooverphonic, Archive, Raphaël, Jamie Cullum, Cali, Karl Bartos, Cascadeur, The Bony King Of Nowhere, Stromae, Yelle & Co.

Infos : www.bsf.com

DIDIER STIERS

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