posté le 21 août 2011 |
catégorie LES FESTIVALS
C’est un concert risqué que nous a offert le français Cascadeur, alias Alexandre Longo, samedi soir, au
Mont Des Arts. Risqué parce que différent. Alors que la soirée Rockabilly battait son plein place des Palais, Cascadeur entre en scène, en combinaison, casque de pilote vissé sur la tête et lampe de poche à la main. Dans le public, un petit garçon monte sur les épaules de son papa. Lui aussi porte un casque sur la tête. A une époque, on se maquillait comme KISS, aujourd’hui la mode est au casque.
Seul sur scène pendant 1h20, Cascadeur propose un spectacle qui n’est pas seulement musical, mais aussi visuel. Sur une bâche tendue derrière lui défile différents paysages, atmosphères et mises en scène qui collent parfaitement avec le morceau joué. On est tout de suite plongé dans un univers cinématographique, rempli de mélancolie. Autant le savoir, les concerts du Cascadeur ne donnent pas lieu à des débordements d’énergie. On est plus proche de la contemplation et de l’intellectualisation de l’expérience musicale.
Fort de son dernier album The Human Octopus, Cascadeur est venu présenter au Brussels Summer Festival ses titres inclassables, entre l’électro minimal et la pop: « Waiting », « Into the Wild » et son visuel de boîte de musique, « the End » et bien sûr « Walker », premier single de son album, sur lequel il échange son célèbre casque contre un masque de Luchador. Mais il nous proposera aussi des inédit comme « The Road Movie » ou « The Last Song ».
Le Cascadeur a peut-être un masque de lutteur mexicain mais il n’en reste pas moins quelqu’un de sensible, cela se ressent dans ses chansons. On est donc pas étonné quand il évoque le drame du Pukkelpop (« cela a marqué en France, alors j’imagine en Belgique »). C’est aussi un artiste qui a plusieurs cordes à son arc, nécessaire pour captiver seul un public pendant plus d’une heure. Instruments originaux, mais aussi plus classiques comme le piano, voix aérienne et chœurs envoutants…jamais on ne s’ennuie une minute pendant ce concert atypique.
Après une dernière chanson bien choisie, « Bye Bye », on ressort de ce concert avec l’impression d’avoir vu un vrai OVNI musical. La prise de risque s’accompagne pourtant parfois de mécontentements. On a ainsi entendu à plusieurs reprises quelqu’un crier « Retire ton casque ». Pas de quoi bouder notre plaisir.
Camille Wernaers (st.)

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