Your song #10: Hotel California, The Eagles

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Tous les hommes ont une dette envers le guitariste Don Felder. Un soir de 1974 ou 75, sur la plage de Malibu, ce bon Don gratouille quelques accords de guitare visiblement inspirés d’un vieux titre de Jethro Tull, We Used To Know. Il ne le sait pas encore mais ces quelques notes vont devenir un slow de légende. Près de sept minutes intenses… Un double solo de guitares dantesque de plus de deux minutes au climax des climax du morceau, c’est à dire au moment où les mains s’attaquent au soutien-gorge… Oui, Hotel California est un vrai piège à filles. Qu’est-ce qu’on a emballé là-dessus !

Hotel California raconte l’histoire d’un homme qui, harassé de fatigue, trouve sur une route déserte , On a dark desert highway, un refuge dans la chaleur de la nuit. Attiré par une lueur, il s’approche, une femme lui montre le chemin une bougie à la main. Bienvenue à l’hôtel California. On trouve toujours de la place dans cet hôtel de luxe. Il y a des belles voitures, des mecs et des nanas, du champagne rosé, on y danse, on y fait la fête. Pourtant, au dernier paragraphe, l’homme tente de quitter l’hôtel. Malheureusement, comme lui dit le veilleur de nuit « You can check out anytime you like but you can never leave », vous pouvez payer votre note quand vous le voulez, mais vous ne pouvez jamais quitter les lieux. Puis, solo de guitares et arrachage de soutien-gorge.

Il est évident que cet hôtel où l’on s’abandonne mais que l’on ne peut quitter, ce lieu qui peut être le paradis comme l’enfer « This could be heaven or this could be hell », ce lieu donc est une métaphore. Mais une métaphore de quoi ? C’est là-dessus que les exégètes s’écharpent depuis des années.

Bien sûr, époque oblige, on pense d’abord à la drogue. Certains évoquent plus radicalement la mort ou l’enfer. Mais la plus tenace des interprétations reste la secte satanique. Il se passe des choses bizarres dans la Master’s chamber : « they stab it with their steely knives but they just can’t kill the beast », ils le frappe avec leurs couteaux d’acier mais n’arrivent pas à tuer la bête. Ouh, ça sent bon le satanisme, ça ! Certaines phrases pourraient même être lues à l’envers, par exemple « in the middle of the night just to hear them say » deviendrait « YeahSatan hears this, he had me believe in him. » Autant d’interprétations qui ne tiennent pas totalement la route.

Alors une fois de plus, écoutons l’un des auteurs. Dans une interview donnée au San Francisco Chronicle en 1995, Don Henley, le batteur du groupe, révèle presqu’en s’excusant que cette chanson , ben ce n’est qu’une évocation du milieu musical californien des années 70, un univers d’hédonisme et d’excès en tous genres, drogues, alcool, fêtes et sexe à tout va. Les Eagles ont vécu cette période mais en 1976, ils ne se retrouvaient plus dans cet univers. D’où l’envie de le quitter. C’est donc une chanson sur la perte de l’innocence, un thème qui court d’ailleurs sur tout l’album. Avec des titres comme Life in the Fast Lane, Wasted Time ou Victim of Love, Hotel California est un concept album autour de ce thème de l’innocence perdue, de la face sombre du rêve américain. Et le titre éponyme est paradoxalement une chanson triste mais ô combien… emballante !

AXEL DU BUS

Hotel California The Eagles

On a dark desert highway
Cool wind in my hair
Warm smell of colitas
Rising up through the air
Up ahead in the distance
I saw a shimmering light
My head grew heavy and my sight grew dim
I had to stop for the night

There she stood in the doorway
I heard the mission bell
And I was thinking to myself
“This could be heaven or this could be hell”
Then she lit up a candle
And she showed me the way
There were voices down the corridor
I thought I heard them say

Welcome to the Hotel California
Such a lovely place
Such a lovely face
Plenty of room at the Hotel California
Any time of year
You can find it here

Her mind is Tiffany-twisted
She got the Mercedes-Benz
She got a lot of pretty, pretty boys
That she calls friends
How they dance in the courtyard
Sweet summer sweat
Some dance to remember
Some dance to forget

So I called up the captain
“Please bring me my wine”
He said, “We haven’t had that spirit here
Since 1969″
And still those voices are calling from far away
Wake you up in the middle of the night
Just to hear them say

Welcome to the Hotel California
Such a lovely place
Such a lovely face
They’re living it up at the Hotel California
What a nice surprise
Bring your alibis

Mirrors on the ceiling
The pink champagne on ice
And she said, “We are all just prisoners here
Of our own device”
And in the master’s chambers
They gathered for the feast
They stab it with their steely knives
But they just can’t kill the beast

Last thing I remember, I was
Running for the door
I had to find the passage back
To the place I was before
“Relax,” said the night man
“We are programmed to receive
You can check out any time you like
But you can never leave!”


commenter par facebook

12 commentaires

  1. Debruyn

    3 septembre 2011 à 14 h 15 min

    Dans ses mémoires “Heaven and Hell” Don Felder, qui fut le soliste des Eagles de 1974 à 2001 avant de se faire jeter, décrit comment il a composé la musique de Hotel California et notamment la structure des solis que tout le monde connaît. Don Henley n’a fournit que les paroles. Felder est d’ailleurs renseigné comme compositeur pour cette chanson.

  2. amae

    3 septembre 2011 à 16 h 23 min

    Pff, c’est saoûlant ce morceau. Dès les premières notes, je peux pas m’empêcher, je zappe. Trop mielleux, trop entendu.

    • DAV71

      13 mars 2017 à 5 h 46 min

      A part critiquer que savez vous faire, que faites vous sur cette page.

      Ecrivez vos propres chansons et peut être a votre tour vous saoulerez des milliers de gens. De nos jours les gens ne savent que critiquer.Eux au moins ont eux un succès que vous n’aurez jamais, même si si écriviez 100 merdes vous ne leurs arriverez pas à la cheville. Donc a part critiquez,les gens de nos jours ne savent plus rien faire. Et étant donner qu’une grande majorité des chanteur de nos jours font que des reprises, beaucoup doivent vous soulez, vous devez même plus rien ecoutez. Critiquez encore et encore les gens savent faire que ça

  3. Tanguy de Ghellinck

    3 septembre 2011 à 16 h 55 min

    Bravo pour cet article très bien écrit (par qui ?).
    Morceau culte, slows historiques de mes 17 ans. En dansant,je n’osais pas dégrafer les sous-tifs mais par contre, je ne maîtrisais plus trop mes mains et lèvres baladeuses. Quel jeune sait encore ce qu’est un slow aujourd’hui ?
    Seul dans ma chambre, pendant mes devoirs, j’essayais aussi d’interpréter les paroles plutôt satanisantes.
    Magique !

  4. Manu

    3 septembre 2011 à 17 h 17 min

    c’est Don Felder qui a écrit la musique pas Don Henley (qui lui a écrit la plupart des paroles avec Glenn Frey). Et pour l’interprétation “chanson piège à filles” bof, le morceau vaut clairement plus que ce niveau de commentaires là.

  5. desperado

    3 septembre 2011 à 19 h 20 min

    Bienvenu en gérontologie.

  6. Viktorus

    4 septembre 2011 à 1 h 57 min

    Apparemment, le Best of des Eagles serait le 2ème album le plus vendu de tous les temps, après l’album Thriller du King of the pop.

  7. Harry

    4 septembre 2011 à 9 h 38 min

    “sur une route obscure dans le désert…” :
    voilà une traduction plus correcte.

  8. Axel du Bus

    4 septembre 2011 à 11 h 22 min

    bonjour. je suis Axel du Bus, l’auteur de l’article.
    c’est effectivement Don Felder qui a écrit la musique, il y a eu confusion dans mon ordinateur au moment de la frappe…
    voilà exactement ce qu’il disait à propos de cette soirée de 74 ou 75 : “”I had just leased this house out on the beach at Malibu, I guess it was around ’74 or ’75. I remember sitting in the living room, with all the doors wide open on a spectacular July day. I had this acoustic 12-string and I started tinkling around with it, and those Hotel California chords just kind of oozed out. ”
    par contre, c’est bien Don Henley qui a fait l’interview au SFC.
    deux Don dans le même groupe, c’est malin !
    toutes mes excuses !
    axel du bus

    • Potus

      26 septembre 2012 à 8 h 20 min

      Bjr,
      Initialement composée en mi mineur, le morceau a ete transpose en si mineur par Joe Walsh, afin de mieux coller aux voix du groupe.
      La fille est balancée comme une Mercedes; d’où la phrase “she got the Mercedes bends et non benz….

  9. scat cat

    6 septembre 2011 à 15 h 26 min

    Fervent admirateur de cette rubrique, je trouverais plus élégant que le Soir mentionne l’auteur..

    j’attends “Ebony & Ivory” avec impatience!

  10. Azama

    25 janvier 2012 à 3 h 09 min

    Quelques nuances qui n’intéresseront pas les djeun’z qui parlent sarcastiquement de gériatrie depuis leur pouponnières aseptisées…

    Oui, c’est bien une chanson qui parle de dope, du début jusqu’à la fin!

    “warm smells of colitas, rising up through the air”, les fameuses colitas sont les “buds” de “hemp”, puis ensuite, c’est l’addiction: “Please bring me my wine”, c’est pas du bourgogne, les “steely knives” sont les aiguilles, encore que ce con de Felder en avait après Steely Dan, qui chantait “baisse la radio, c’est les Eagles” (des paroles peuvent être remaniées par la suite), et surtout le “some dance to remeber, “some dance to forget”, si vous essayez l’héro un jour, vous verrez bien qu’on “forget” très fort; Enfin, le fait qu’on soit prisonnier de l’addiction, c’est totalement clair.
    Sur la fin du solo, on voit Walsh se glouper une petite boulette, surement pas un chewing gum!

    J’ai fait quelques remplacements avec Vince Taylor (mais souhaite rester anonyme), backstage il y avait des rails comme des lignes d’autoroutes, et sans citer les collègues, tout le monde était “poudré”!

    C’est con, mais si on enlève la dope du rock, je me demande ou seront les génies écorchés vifs nécessaires…

    Azama, polyinstrumentiste de studio.

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