Déjà quatre ans que l’Uckelrock s’occupe de faire bouger une soirée de la nuit uccloise début septembre. Au cœur du parc du Wolvendael, on oublie les pique-niques en famille et on sort les guitares et autres instruments pour laisser place à ce festival gratuit, financé par la commune d’Uccle.

« L’idée m’est venue en voyant qu’il n’y avait pas d’alternative à Jeunesse en Fête, qui se passe le samedi et le dimanche et qui est destiné aux enfants jusque 12 ans. Sauf qu’on peut être encore jeune après 12 ans », explique Boris Dillies, Echevin de la Jeunesse d’Uccle et instigateur du projet. Les transats sont installés, les hamburgers sont en train de cuire, les bières sont fraîches, même le soleil est au rendez-vous, les concerts peuvent commencer.

19h, et devant un public dispersé et familial, les Danois du groupe Annasaid montent sur scène. Les riffs commencent, les têtes se balancent mais le public reste réservé. Pourtant, les cinq membres ne ménagent pas leur effort. Le chanteur demande aux gens de s’avancer. Le public reste assis. Le groupe venait nous présenter son premier album, dont les titres s’enchaînent, « Follow Me », « Jua », « Tisa », « Hands ». Annasaid est clairement un groupe indie, notamment par l’importance donnée au jeu des guitares électriques. Devant la scène, trois jeunes se dandinent. Un d’eux connait toutes les paroles par cœur. On a affaire à un connaisseur. Le chanteur en profite pour venir lui glisser quelques mots. Le concert se termine dans un déferlement de riffs. Les gens applaudissent, encore assez prudents.

La nuit tombe déjà, au tour d’Isola de jouer. Quelques gouttes tombent, pas de quoi effrayer les trois musiciens. Le chanteur explique que d’habitude, il demande aux gens de s’avancer mais qu’ici les gens ont l’air tellement bien qu’il ne le fera pas. En voilà un qui apprend vite. De grands panneaux dans le fond de la scène comporte chacun une lettre de couleur vive qui forment, une fois mises toutes ensemble, le nom du groupe. « Never let Me », « It Could Be Beter », « Gravity », les morceaux d’Isola sont plus classiques, mais n’en donne pas moins l’envie de danser. Le public est invité à chanter sur « Oh Girl » qui conclut le concert.

21h15, Piano Club se lance avec un Anthony Sinatra sans Hollywood Porn Stars mais avec une pèche d’enfer. Les gens sont enfin debout, ils dansent et crient. Le groupe s’amuse sur la petite scène, les synthés et les guitares électriques s’en donnent à cœur joie. « Take » et « Not Too Old » finissent de réveiller le public. On distribue des bâtons fluorescents que certaines mettent dans leurs cheveux, d’autres autour de leur poignet. L’ambiance se réchauffe, le public aussi. On aura même droit à une reprise punchy du morceau « Yesterday » des Beatles, comme un clin d’œil aux Abbey Road qui jouent juste après. Le groupe termine son concert par « Your Sadness ». Sauf que le public est loin d’être triste, il a même plutôt l’air convaincu. Il réclame d’ailleurs un rappel, qui ne viendra pas. Quand c’est l’heure, c’est l’heure.

Bilan plutôt positif donc, car si il n‘est déjà pas facile de convaincre le public lors d’un festival payant, c’est encore plus difficile pour un festival gratuit, au public assez familial et avec des enfants en bas âge. Place, pour finir en beauté, à Abbey Road, qui reprend des chansons des Beatles. Ils devront cependant arrêter trois quart d’heure plus tôt, avant que le gros de l’orage, qui a commencé un peu avant le début de leur show, ne passe au-dessus du parc. A ce sujet aussi, on apprend vite.

Camille Wernaers

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