Le mystère Lana Del Rey

Son nom, qui sonne comme celui d’une héroïne de James Ellroy, évoque des images du Los Angeles des fifties et des sixties. On en voit d’ailleurs défiler quelques-unes dans les clips de « Video games » et « Blue jeans », les deux chansons avec lesquelles la demoiselle suscite depuis des semaines le buzz sur le Net. Celles-ci feront l’objet d’un single, un « double A side » attendu pour le 16 octobre. Et le bonheur de ceux qui la croiseront lors d’une courte tournée européenne qui débute le 4 novembre… sans cependant compter aucune date belge. Mais au fait, qui est Lana Del Rey ?

Bouche refaite – moins bien – à la Angelina Jolie, chant de poupée boudeuse/dépressive, la demoiselle a grandi à Lake Placid et vient de New York. Elle a baptisé son style « Hollywood sadcore » (une sorte de pop-soul un peu rétro) et dit faire beaucoup par elle-même, à commencer par ses clips, justement. Comme souvent de nos jours, c’est sur les réseaux sociaux que tout s’est embrasé. Un nom qui circule, une vidéo qui engendre du clic sur YouTube, des « amis » se partageant le lien avant que l’influent magazine Pitchfork ne s’en mêle ; le circuit est éprouvé.

Au vu du Top 10 récemment confié par Lana au magazine Beat, on se dit qu’elle doit aussi disposer d’une discothèque de bon aloi. Entre les artistes qu’on s’attendait peut-être à y retrouver, style Elvis, Nina Simone, les Flamingos ou les Doors et deux b.o. (American beauty et Le Parrain), elle cite des rappeurs comme feu Biggie Smalls et Lil Wayne, en plus de rockeurs énervés tels Nirvana et Fugazi.

Sauf qu’en grattant un peu, on découvre que la New-yorkaise n’est pas aussi vierge qu’il y paraît puisqu’il existe déjà des chansons enregistrées sous son vrai nom, Lizzy Grant, certes passées plus inaperçues, mais surtout dans un registre plus quelconque et plus bricolé. C’est un peu ça qui enflamme les passions. Certains ont succombé à cette « Cat Power version 2.0 » qui suscite le même genre de fantasme qu’une Nancy Sinatra (« Oh ouiii, vas-y, shot me down ! »). D’autres ne voient en elle qu’un ersatz de Kate Bush, ou lui reprochent d’avoir changé son fusil d’épaule, d’être un produit de marketing, de jouer les opportunistes dans l’espoir de se faire une place au soleil, de préférence sur un petit matelas de billets verts.

Alors, hype appelée à se dégonfler ou artiste qui a trouvé sa voie après quelques errements ? On pourra déjà en avoir une idée sur scène lors de ses dates européennes, ou attendre l’album en préparation, en se re-matant ses deux clips jusqu’à ce que ça en devienne suspect. Entre parenthèses, un troisième (pour « Born to die ») doit lui être concocté par Yoann Lemoine (Yelle, Katy Perry ou lui-même sous le pseudo de Woodkid)…

Didier Stiers

www.lanadelrey.com

Lana Del Rey – “Video games”
Lana Del Rey – “Blue jeans”


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