Your song #16. London Calling, The Clash

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S’il n’y a qu’un morceau, mais alors qu’un seul, à retenir du punk, c’est bien London Calling. La meilleure intro depuis environ 100 ans avec un staccato de guitares hypnotique, une basse dévastatrice, peut-être inspirée du french horn du Dead End Street des Kinks, une batterie en forme de marteau piqueur , des paroles apocalyptiques. Et la voix ! Un cri désespéré balancé dans l’urgence… Tout y est ! C’est un véritable appel aux armes lancé à la jeunesse par Joe Strummer, comme le titre l’indique, une citation de l’indicatif des émissions radio de la BBC Wolrldwide aux pays occupés lors de la 2ème guerre mondiale, « This is London calling ».

En cette fin des années 70, la situation de la jeunesse anglaise est sans espoir : une crise économique qui s’installe pour de bon, une inflation et un chômage qui montent en flèche, des tensions raciales qui s’accentuent et des tensions sociales extrêmes avec le Winter of Discontent de 78-79. Une situation gérée de manière calamiteuse par les travaillistes qui favorisera le retour au pouvoir en mai 79 des conservateurs. Margaret Thatcher, pas vraiment l’amie des jeunes, est nommée Premier Ministre, les années de plomb peuvent commencer.

Comme le déclarera plus tard Joe Strummer, « On faisait tout ce qu’on pouvait pour s’accrocher alors qu’on glissait de plus en plus vers le précipice. Il n’y avait personne pour nous aider ». Alors que le punk agonise – certains ont été jusqu’à prétendre qu’il est mort le jour où The Clash a signé chez CBS – on n’a jamais été aussi proches du no future. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la face B du 45 tours s’appelle Armagideon Time…

Les paroles, pleines de rage et de fureur, enchaînent un rejet du passé mais aussi des modèles (don’t look to us, phoney Beatlemania has bitten the dust, ne nous regardez pas, cette Beatlemania factice a mordu la poussière), des visions d’apocalypse influencées par l’incident de Three Mile Island en mars 1979 – : the ice age is coming, l’ère glaciaire arrive – peut-être également une métaphore de l’arrivée de Thatcher -, the sun is zooming in, le soleil se rapproche, engines stop running, les moteurs s’arrêtent, the wheat is growing thin, le blé s’amenuise,a nuclear error, une erreur nucléaire), la fin des illusions (we ain’t got no highs, on n’a plus d’enthousiasme)… Seule chose à faire, sortir du placard (come out of the cupboard), se prendre en mains (go it alone). Bref, la philosophie du do it yourself chère au mouvement punk.

Il y a dans London Calling comme une urgence dans un océan de désespoir. A ce titre, la dernière phrase, I never felt so much a’ like, je ne me suis jamais senti comme ça, suivie d’un SOS en morse, résonne comme un ultime message envoyé avant la fin du monde.

Axel du Bus

[youtube dbD5v2xijqw]

London Calling The Clash

London calling to the faraway towns
Now that war is declared – and battle come down
London calling to the underworld
Come out of the cupboard, all you boys and girls
London calling, now don’t look at us
All that phoney Beatlemania has bitten the dust
London calling, see we ain’t got no swing
‘Cept for the ring of that truncheon thing

The ice age is coming, the sun is zooming in
Engines stop running and the wheat is growing thin
A nuclear error, but I have no fear
London is drowning-and I live by the river

London calling to the imitation zone
Forget it, brother, an’ go it alone
London calling upon the zombies of death
Quit holding out – and draw another breath
London calling – and I don’t wanna shout
But when we were talking – I saw you nodding out
London calling, see we ain’t got no highs
Except for that one with the yellowy eyes

The ice age …

Now get this
London calling, yeah, I was there, too
An’ you know what they said ? Well, some of it was true!
London calling at the top of the dial
After all this, won’t you give me a smile ?

I never felt so much a’ like


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2 commentaires

  1. Arnaud Majois

    16 octobre 2011 à 14 h 54 min

    l’histoire se répète et il nous faudrait bien un hymne aussi puissant pour notre future à nous…

  2. Le Vince

    17 octobre 2011 à 7 h 20 min

    @ Arnaud Majois

    Et bien cet hymne existe ! C’est “Alors on dance” de Stromae. Aussi déprimé, mais “génération indigné” : je m’indigne, je suis consterné, je le crie haut et fort. Niveau zéro de l’action politique.

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