Notules électroniques : le synthé façon Freaksville

« Freaksville : des disques qui rendent heureux » (ou quelque chose comme ça), pouvait-on lire sur les affiches de pub placardées par Miam & co lors de la dernière Nuit du Soir. Autant vérifier par soi-même, avec ces deux releases qui ont ce mois-ci gonflé le catalogue de la maison sérésienne : En route, une compile de synthpop décalée, rétro et parfois bien clin d’œil, ainsi que Suburban robot d’Android 80…

Vroum ! Contact, un coup d’accélérateur : c’est avec « Motorcycle girl » de Conducteur Fantôme qu’on s’élance sur le bitume. En route s’ouvre avec ces descendants de Suicide qui gonfleraient des bulles de chewing-gum à coups de gaz d’échappement. Les 10 titres de cette compilation sont à l’image de cette intro : joyeusement alambiqués. « Sur les routes de France » (par France), petite tranche de poésie postmoderne se clôt dans le trash et le crash. Quant aux compos instrumentales, elles ont des allures d’hymnes ou de génériques de films. C’est le cas pour « Heart of the sun » par Mirror People, « The game is over » de TSTR, du « Orion » de Livio Mosca dans lequel on retrouve pas mal de Air première époque, ou encore de ce « Planète » par Kozushima. Voire même de l’envolée des grandes orgues sur le remix de « Phantom is alive » glissé en bonus track. Verdict de ce contrôle technique : c’est surtout un parfum début eighties qui règne sur ce disque, lequel serait à la musique ce qu’un bon Carpenter est au cinoche.

En Route – Teaser vidéo

Cela dit, en scrutant d’un peu plus près les notes de pochette et le communiqué de presse, des questions passent par la tête… questions posées rapido au patron et compilateur en chef, Benjamin Schoos alias Miam Monster Miam.

Le texte promo mentionne « une brochette d’artistes de Paris », mais ton nom apparaît un peu partout aussi, sur ce disque. Tu n’as pas déménagé ?

Sur 10 titres, 5 sont français et parisiens ! Le reste : 1 portugais (Mirror People), 1 américain (TSTR) et 2 remixes anglais de nos productions par les Londoniens de A Cowboy And An Indian. J’interviens sur un morceau, celui de Conducteur Fantôme, réalisé avec Jacques Duvall et chanté par Michel Moers (Telex). On peut dire en fait que c’est une production internationale, la b.o. d’un film sur la route qui se termine par une hallucination et dans le décor ! Et non, je n’ai pas encore déménagé ! Mais quand je quitte le studio Freaksville ici à Liège, je suis plus souvent à Paris ou à Londres pour la musique qu’à Bruxelles.

Tu as donc réussi à remettre Michel Moers à la musique ?

Oui, avec Conducteur Fantôme, on retrouve Michel à la composition d’une chanson qui parle d’une motarde lesbienne libre comme l’air. C’est un peu l’héroïne de ce film imaginaire, une Jeanne d’Arc moderne sacrifiée sur la route au nom de sa liberté. Elle fuit le monde en pleine récession économique par la route, braquant des pompes à essence pour le fuel. Pendant ce temps, un concours de bolides se déroule en pleine nature près de Tchernobyl…

Quel est pour toi le parfait exemple du kitsch ?

Kitsch ? J’ai du mal à définir. Vulgaire, je pourrais te dire, mais kitsch… Sans doute le nouveau look de Coldplay. Ou Metallica avec Lou Reed.

France – “Sur les routes de France”

Quand il n’assure pas les présentations aux Ardentes ou joue en compagnie des Loved Drones, Brian Carney s’appelle Android 80, concocte un court album intitulé Suburban robot et rend, lui aussi, hommage aux eighties synthétiques. Voix incluse puisqu’on lui trouve une certaine proximité avec celle de Phil Oakey (« Punk’s not Dead » fait d’ailleurs très Human League)… avant d’épouser quelques-unes des inflexions de celle de Dave Gahan (« Game over »). Sur ce disque sympa mais néanmoins un cran moins rigolo que la compile susmentionnée, c’est « We love drugs » avec son refrain à la machine qui dénote le mieux l’esprit punky de Mister Carney. Lequel clôture cet effort en solo façon fanfare à base de claviers et de boîtes à rythmes (« It’s just a ride »).

Android 80 – “Electricity” (OMD cover)

Alors, heureux ? Ben, ça commence à viendre… Mais on attend la suite, aussi !

Didier Stiers

- Infos: www.freaksvillerec.com. Ce mois-ci, également sur Freaksville: l’album de Marc Morgan et celui de Sophie Galet.


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