Feist, presque festive

Accompagnée par les trois merveilleuses choristes de Mountain Man, Feist présentait hier sur la scène du Cirque Royal les chansons de son album Metals. Entre un frisson, un éclat de rire… et un cours de néerlandais !

Sans avoir l’air d’y toucher, la Canadienne assure le show. Chez elle, aucun gimmick qui ne fasse répété et routinier. Juste l’art de l’impro, de l’à-propos et une spontanéité rigolote. Quand résonne dans la salle l’habituel « Leslie, I love you ! » balancé par un fan un peu moins timoré que les autres, elle répond du tac au tac : « Thank you dad ! » Plus tard, effectivement, elle fait monter sur scène une spectatrice néerlandophone pour assurer dans la langue de Vondel la traduction – un peu hésitante – du pitch de « Pine moon ». « Et il y a une deuxième personne sur… la lune » (je résume). Rires dans la salle ! Pendant les rappels enfin, Feist sera encore rejointe par toute une série de couples désireux de danser enlacés sur « Let it die ». Non sans s’être assurée au préalable qu’il y avait des amoureux parmi les volontaires…

Voilà pour les moments de pur entertainement. Mais Leslie est surtout de retour à Bruxelles avec un nouvel album, accouché du côté de la Californie, sous le soleil de Big Sur. Et à la teneur plus soft que ce que son titre, Metals, laisse supposer. Au Cirque, « Undiscovered first » et autres « A commotion » sont pourtant chantées et jouées avec une petite dose d’énergie en plus. Le batteur a dû passer sa jeunesse dans une tribu de « natives », ce n’est pas possible autrement, se dit-on en entendant ses percussions sur « The bad in each other » !

Certaines chansons du répertoire de ce soir sont par contre magnifiées par les interventions vocales de Mountain Man qui, comme son nom ne l’indique pas, est un trio de filles… Sur leur album Made the harbor, elles chantent la nature sauvage ; ici elles illuminent les respirations plus folk et les quasi ballades comme « So sorry » ou « Anti-pioneer ». Les demoiselles du Vermont ont même droit à leur petit a-capella, le temps de « Bright morning stars », un traditionnel des Appalaches.

Les indispensables/inévitables sont bien entendu de la partie. « My moon my man », présenté comme une « flemish song » (sic), a la batterie très binaire mais, curieusement, ne transforme pas le parterre du Cirque en piste de danse. On aurait pu en attendre plus de la part d’un public pourtant en voix… Quant au second rappel, ce sera le « 1 2 3 4 » cher au défunt Steve Jobs, entamé par les choristes et terminé par le groupe où l’on retrouve Leslie… s’escrimant aux futs. Un dernier clin d’œil, dans un concert plaisant et généreux à défaut d’être totalement mirifique.

Didier Stiers


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