Joyeux Noel est libéré

Noel Gallagher publie son après-Oasis.

Que les choses soient claires. De la même manière que Mick Jagger et Keith Richards, séparément en solo, ne vaudront jamais les Stones, Beady Eye et les High Flying Birds ne seront jamais la somme d’Oasis. Les frères Gallagher ont livré ensemble quelques-unes des plus belles pages de la pop anglaise et ils ne feront jamais mieux. Ceci est d’ailleurs valable pour 99,9 % des paires séparées du rock.

Quand l’insupportable Liam avait sorti, sans tarder, l’album de Beady Eye, entouré des anciens d’Oasis, on avait été plutôt agréablement surpris. Faut dire qu’on ne s’attendait à pas grand-chose de la part du chanteur mancunien qui s’est toujours reposé sur les talents de compositeur de son frère, le tout aussi insupportable Noel. Ce dernier a davantage pris son temps. Il savait qu’on l’attendait au tournant, qu’il ne pouvait pas décevoir et balancer des morceaux pourris comme ça lui est déjà arrivé sur certains albums d’Oasis.

Voilà donc du travail bien fait, rigoureux, aux mélodies fortes, qui désertent un peu le côté traînant qu’imposait le chant de Liam. Celui de Noel n’a rien d’extraordinaire mais il tient la route et ses chansons sont plutôt joyeuses, bien rythmées, avec des idées d’arrangements nous rappelant son amour pour les expérimentations des années 68-70 des Beatles. Dans le texte, on peut bien sûr voir quelques adresses à son frérot (« The death of you and me », « If I had a gun… »), surtout dans « Everybody’s on the run », en introduction de l’album, où Noel règle ses comptes avec Liam en l’accusant d’avoir essayé de lui faire de l’ombre, en marchant dans ses pas. Sont pas près de se reparler, ces deux-là.

Qu’importe, voici un bon disque promettant une tournée où le Gallagher en chef ne se gênera sans doute pas de reprendre quelques bons souvenirs d’Oasis. Suffit de secouer la pulpe !

Les Noel Gallagher’s High Flying Birds seront à l’AB le 1/12. C’est complet ! Album sur son propre label Sour Mash/PiaS.

« Ç’aurait été une honte de ne pas le faire »

Deux ans après la séparation d’Oasis et huit mois après la création de Beady Eye par son petit frère Liam, Noel Gallagher se lance, à 44 ans, à son tour dans une nouvelle carrière solo.

Avez-vous pensé à mettre fin à votre carrière après la séparation d’Oasis ?

Pour être honnête, après la séparation d’Oasis je suis rentré à Londres et je suis resté chez moi à fumer, à boire du thé et à regarder le foot à la télé. C’est ma femme qui m’a dit : « Comptes-tu retourner au boulot ? » Je lui ai dit : « Hum, j’imagine. » Elle m’a demandé : « Quand ? » Je lui ai répondu : « Je ne sais pas. » Et elle m’a dit : « Alors, pourquoi pas la semaine prochaine ? » Je crois que je repoussais le moment, parce que je pensais encore beaucoup à Oasis, à ce qui s’était passé. J’étais blessé et un peu triste. Mais dès que je me suis retrouvé en studio, ça a été génial. Alors, vous pouvez remercier ma femme pour ça.

Était-ce une décision difficile ?

Oui, mais écrire des chansons, c’est mon boulot. Je ne veux pas paraître arrogant, mais si on m’a attribué un don, je me dois de le partager avec les gens. Qu’ils aiment ou non est hors de propos.

Sur votre album, on entend des éléments nouveaux chez vous, des cuivres par exemple. Vous sentiez-vous contraint dans Oasis ?

Pas dans l’écriture, car je n’ai jamais écrit pour un projet particulier. J’ai essayé une fois (NDLR, pour de précédents albums en solo) et j’ai détesté le résultat, parce que j’avais essayé d’écrire ce que je pensais que les gens attendaient de moi. Avant cette expérience et depuis, j’ai toujours écrit quand l’envie me prenait. Une chanson comme « AKA what a life », la chanson « disco » de l’album, n’aurait pas pu voir le jour sur un album d’Oasis. Là, j’ai eu l’idée, je l’ai enregistrée et c’était fini, on pouvait passer à autre chose.

Vous partez en tournée et pour la première fois, vous serez au milieu. Comment l’appréhendez-vous ?

Je suis excité mais un peu inquiet par rapport à ce que les gens en attendent. Pendant 20 ans j’étais sur le côté et j’adorais ça. Je n’aime pas être au centre de l’attention, par exemple je déteste les fêtes surprises, je déteste quand les gens me souhaitent mon anniversaire. On m’a dit : « Alors pourquoi n’as-tu pas monté un autre groupe ? » Mais quand on a été dans Oasis, quel est l’intérêt d’être dans un autre groupe ? Nous verrons. Je vais juste monter sur scène et j’espère que la musique suffira. (interview Bénédicte Rey/AFP)


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4 commentaires

  1. Denis

    24 octobre 2011 à 10 h 30 min

    m’enfin, If I Had a Gun n’a rien à voir avec Liam, elle date d’ailleurs d’avant le split d’Oasis… Vous avez au moins lu les paroles? C’est juste une chanson d’amour, comme Noel écrit depuis 20 ans…

  2. Tanguy Roos

    24 octobre 2011 à 10 h 48 min

    The Death Of You And Me et Everybody’s On The Run ne parlent pas non plus de Liam. On reproche souvent à Noel de trop ouvrir sa gueule, mais ceux qui sont chargés d’écrire sur lui auraient intérêt à l’écouter davantage. Ça éviterait de raconter n’importe quoi.

    Le disque est excellent, sinon.

  3. thlllll

    24 octobre 2011 à 11 h 49 min

    “Beady Eye et les High Flying Birds ne seront jamais la somme d’Oasis”

    Cette phrase ne veut rien dire.

  4. Nico

    24 octobre 2011 à 14 h 09 min

    J’écoute ce disque depuis une bonne semaine maintenant, et je reste franchement sur ma faim. J’en attendais plus. Personnellement, je préfère l’album de Beady eye, plus surprenant et plus énergique aussi. Reste à voir ce que ça donnera à l’AB.

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