Death in Vegas is b(l)ack

L’Orangerie du Botanique accueillait hier Death in Vegas, de retour après sept ans d’absence. On a retrouvé un groupe amputé de moitié, mais toujours aussi intriguant. Une bonne soirée électro-rock en noir.

Sept ans qu’on était sans nouvelle de Death in Vegas. Le duo électro-rock nous avait pourtant régalé de quelques diamants néo-psyché au tournant des années 90 et 2000. Aujourd’hui, Death in Vegas nous revient amputé d’une de ses têtes chercheuses, mais avec un album hautement recommandable («Trans-Love Energies») sous le bras.

Dès l’entame du set, avec ‘Leather’/'Girls’ (morceaux d’ouverture de «Scorpio Rising», 2002) et la nouvelle perle psyché-tech ‘Your Loft/My Acid’, le ton de ce qui va suivre est donné. Un ton noir et blanc. Noise et électro. Hautement narcotique. Le groupe, avec désormais le seul Richard Fearless aux commandes, pioche autant dans son passé que dans son présent. Le son est clair et puissant, qui invite à nous laisser prendre dans ces toiles d’araignées tissées au bruit blanc.

Si Death in Vegas est considéré à la base comme un groupe électro, leurs racines sont clairement rock. Du rock en noir. Psychédélique, noise, kraut, shoegaze, gothique, you name it! A cinq sur scène (dont un guitariste tout droit sorti de Spinal Tap), le groupe fait d’ailleurs la part belle à la fée distorsion. Pourtant, c’est quand il se laisse plus franchement aller vers les terres techno qu’on le préfère. Après trois-quarts d’heure de set, Richard Sans Peur et sa troupe décident ainsi de libérer les beats pour une vingtaine de minutes de transe (love energy) qui seront les meilleures du concert.

Death in Vegas privilégiera donc les atmosphères dark et psyché aux tubes. D’ailleurs, il y a un côté un peu frustrant à entendre la voix d’Iggy Pop sortir des baffles (pour une version retravaillée de ‘Aïsha’) sans pouvoir apprécier labête en chair et en sueur. ‘Hands Around My Throat’ arrivera elle un peu tard, au rappel. Quant aux nouveaux titres sur lesquels Fearless chante beaucoup, sa voix leur donne un côté gothique qui était jusqu’ici peu développé par le binôme anglais.

Malgré quelques longueurs et répétitions (les titres ont souvent la même structure: une montée vers la transe), le concert aura eu quelques tout bons moments et nous aura surtout permis de retrouver un Death in Vegas certes amputé mais surtout bien vivant. Un sentiment résumé par les seules paroles que Richard Fearless lancera au public, juste avant le rappel: «Thank you for being here tonight. It’s been quite a long time, so thank you». Mais non, c’est nous, fieu!

Didier Zacharie

http://www.deathinvegasmusic.com/

[youtube llHQObWf6J8]

Journaliste lesoir.be

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5 commentaires

  1. momo

    1 novembre 2011 à 8 h 42 min

    Excellentissime concert !!

    7 vidéos HD de la soirée ici :
    http://fun1959.canalblog.com/archives/2011/11/01/22527652.html

  2. momo

    1 novembre 2011 à 8 h 43 min

    Excellentissime concert !

    7 vidéos HD de la soirée sur mon site !!

  3. Luc

    1 novembre 2011 à 10 h 07 min

    On partage?
    Par rapport à Frontstage, je ne suis qu’un petit Poucet.
    Cependant, ce mois-ci sur Minuit Dix, j’évoque les concerts d’Ozark Henry, de Camelia Jordana, de Vismets, de Guillemots, de Cali et de… Death In vegas.

  4. louvressac

    1 novembre 2011 à 20 h 39 min

    très très bonne surprise….un son lourd,poisseux et oppressant,des versions déstructurées,malaxées a la pédale d’effet et recrachées dans un magma sonore inaudible,comme le furent en leur temps les albums du velvet ou de my bloody valentine.un peu comme si loop et les spacemen 3 s’etaient mis a l’extasy ,le groupe défriche des territoires sonores que nul n’avait songé a conquerir jusqu’ici…un mur du son permanent,une bonne dose d’improvisation,des intros de 10 minutes avec la même boucle entêtante,du fuzz et du larsen a tous les étages….une véritable séquestration individuelle et une vraie claque dans la gueule.a reserver a un public averti !

  5. louvressac

    1 novembre 2011 à 20 h 43 min

    très très bonne surprise….un son lourd,poisseux et oppressant,des versions déstructurées,malaxées a la pédale d’effet et recrachées dans un magma sonore inaudible,comme le furent en leur temps les albums du velvet ou de my bloody valentine.un peu comme si les spacemen 3 s’etaient mis a l’extasy ,le groupe défriche des territoires sonores que nul n’avait songé a conquerir jusqu’ici…un mur du son permanent,une bonne dose d’improvisation,des intros de 10 minutes avec la même boucle entêtante,du fuzz et du larsen a tous les étages….une véritable séquestration individuelle et une vraie claque dans la gueule.mais a reserver a un public averti

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