Joeystarr souffle le show et le froid au Botanique

Dans la foulée d’un récent Egomaniac, la moitié du Suprême NTM était à l’Orangerie du Botanique vendredi soir pour un concert, certes, très physique mais inégal.Avant de passer aux choses sérieuses, un «Big Up» à Original Uman pour avoir assuré comme un chef et comme un grand (juste accompagné d’un de ses potes au son) une première partie d’enfer avec vingt minutes de pur dance hall dans la grande tradition des sound system jamaïcains.
Il est 21h15 et des poussières lorsqu’un cri guttural d’une puissance sans nom sort des enceintes. Pas de doute, il y a du Jaguarr dans l’air. La nouvelle tournée de Joeystarr (qui devrait nous revenir cet été en festival) transitait à Bruxelles. Une tournée old school dans l’esprit en tout cas puisque Joeystarr est juste accompagné de deux dj’s dont Kimfu (qui assure la majorité des musiques sur Egomaniac) et d’un deuxième rappeur dreadlocké.

Le ton est donné avec «J’arrive», emprunté au précédent album de l’homme du neuf-trois. Le son est un peu approximatif mais ne tardera pas à se stabiliser. Le public, même si il reste encore quelques places dans l’Orangerie, est forcément très très chaud et l’animal sur scène paie de sa personne. Lors d’une première demi-heure très physique, Joeystarr va, comme il aime un peu trop le répéter quitte à nous prendre pour des dégonflés «mouille son maillot» . Il harangue ses fans. Les provoque. Les chambre tout en balançant quelques brûlots de son dernier album. Qui passe, rétrospectivement un peu moins bien la rampe que Gare au Jaguarr, c’est vrai. Ceci dit, le «On n On», avec son beat chaloupé est un tube en puissance.
En fait, en 30 minutes -avant un trop long break instrumental d’une bonne dizaine de minutes –, Joeystarr va tout donner. C’est la deuxième partie qui sera décevante malgré les classiques du Suprême NTM comme «Seine Saint-Denis Style», «Laisse pas traîner ton fils », «Qu’est-ce qu’on attend»et surtout un excellentissime «Tout n’est pas si facile». Bien sûr, Joeystarr est un mec entier. Bien sûr que le lascar reste impressionnant et dégage toujours cette animalité incroyable. Et puis il est sympa quand il partage quelques centilitres de sa précieuse bouteille de rhum blanc avec les premiers rangs. Mais pourquoi s’oblige-t-il à descendre dans le public pour vérifier que personne ne roupille ? C’est presque insultant.
Pour reprendre une métaphore culinaire, on ajoutera qu’il y avait «à boire et à manger» pendant ce concert qui gagne sans doute à être resserré pour tout défoncer en festival. Et que si on a beaucoup bu, on n’a pas eu beaucoup à manger. Pas bien grave, on a bien ri.

Philippe Manche


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2 commentaires

  1. gash

    19 novembre 2011 à 10 h 09 min

    Je voulais juste vous dire que le rappeur en dreadlocks s’appelle natty et qu’il y a quelques années il était à l’origine d’un hit accompagné de rohff, il a intégré depuis le boss et signe des tueries.

  2. CxHris

    20 novembre 2011 à 14 h 26 min

    Très bon concert. Il ne faut cependant pas faire les susceptibles Joey Starr est un provocateur, et le public est aussi venu pour voire le personnage. Le fait qu’il descende voire le fond du public est un geste plutôt sympa qui a motivé les personnes en retrait à bouger (dans le monde du hip-hop ce n’est pas rare!). Les seuls problèmes étaient la chanson Mamy Blues (une punition?) et les nombreux problèmes techniques du Bota et du Djing (le trop de basses faisait sauter la platine à ce que j’ai compris).

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