TransArdentes: dubstep & co

Les TransArdentes, cinquième édition, c’est fini ! Samedi, aux Halles des Foires de Coronmeuse, près de 12.000 personnes ont fait la fête aux Birdy Nam Nam, Cassius et autres Boys Noize. Célébré le dubstep, le son décidément à la mode. Et, pour certains, bien lâché la pression d’une session d’examens tout juste terminée…

Forcément, une foule pareille, ça s’imprime vite en instantanés pour le moins bigarrés. Ici, le t-shirt Machine Head s’accommode de la perruque disco fluo et du pantalon camouflage. La robe à fleurs du tatouage tribal. Les lunettes solaires de la casquette de trucker. Trois allumés circulent dans des combis complètement hermétiques, cagoules comprises. N’oubliez pas de respirer, hein !

Il n’est pas encore très tard dans la soirée que quelques-un(e)s ne tiennent déjà plus trop bien sur leurs jambes. Si vous n’aimez pas être bousculé, ben, faut aller danser dans le désert de Gobi ! Au pied de la terrasse vip, un type s’est endormi dans la position du lotus : trois secouristes ne le laisseront poursuivre ses rêves couleur vodka non sans lui avoir arraché une réaction un peu intelligible. On n’est jamais trop prudent. Polie mais ferme, la sécu règle la circulation entre les différents espaces des Halles. Aux toilettes, on proteste : ah oui, c’est payant !

Minuit et demi… Jusque-là, on aura vu et entendu les Japanese Popstars. Invités à jouer tôt, eux font partie de ceux chargés de chauffer le public. En l’occurrence, avec un set sans chinoiseries : grosse bassline, sirène de paquebot et beat pneumatique. On y décèle même la voix de Robert Smith avec lequel ils ont enregistré « Take forever »…

Autrement plus attendu, Modestep, c’est le groupe qui monte, qui monte, dans le genre dubstep plus que jamais prisé aux TransArdentes et ailleurs. Ces Londoniens-là, grands fans de Queen, le pratiquent avec de « vrais » instruments : le dj/machiniste et le chanteur sont accompagnés par un batteur et un guitariste. Leurs singles (« Feel good », « Sunlight » et « To the stars ») ont cartonné sur la Toile où les garçons assurent leur présence via un radioshow qui leur sert également de banc d’essai. Rendez-vous d’ici quelques semaines autour de leur éclectique premier album (Evolution theory), un disque dont la finalisation tarde un peu. Ils s’excusent : « Notre agenda est chargé, c’est fou ! »

Modestep – “Quel accueil, en Belgique !”

Rebotini ? Flûte, déjà fini ! Et c’était bien, paraît-il, son exploration des sonorités vintage. Il n’est en tout cas pas retourné s’enfermer dans sa loge : on va le croiser entre deux salles occupé à causer à une paire de fans.

Le bourgmestre de Liège est rentré chez lui, tandis que le gros de la foule a rejoint la Pyramid Room. Les stars de la soirée sont clairement les Frenchies de Birdy Nam Nam. A quatre aux platines : visuellement, ça contribue déjà pas mal au show. Même si elle prend des accents parfois très dark, leur setlist aux sonorités dub met tout le monde de bonne humeur. Et on se dit qu’à côté, la grosse électro teutonne et martiale de Boys Noize manque peut-être un peu de fantaisie… Nonobstant la machine à fumée.

De la fantaisie, il n’y en a pas forcément plus chez Nina Kraviz. Encore que… Rien de bouleversant dans le style pratiqué par la demoiselle, mais alors, quelle maîtrise dans la construction progressive de ce set très orienté techno. C’est soigné, détaillé, captivant. Et sexy, ce que ne démentiront pas nos camarades photographes. Surtout quand la Moscovite nettoie ses vinyles en se les passant d’un geste rapide sur les fesses !

En cette avant-veille de jour de grève nationale, Cassius répète son mot d’ordre : du fun ! Et hop, le duo Zdar – Boom Bass nous mixe du Daft Punk ! Fun, donc, même si moins intrigant que TRW72 : ça, c’est hollandais, ça s’appuie sur des boucles inlassablement répétées et passe de l’électro pêchue à la house pleine de soul sans qu’on puisse repérer les coutures.

Cinq heures et des poussières. Du matin… Chez les vip, on a cassé des verres. Dans les salles, ça danse encore. Et ça dort toujours un peu. Dehors, seul le thermomètre ne s’est pas mis au rythme pourtant contagieux de la cité Ardente. Plus que 100 bornes d’autoroute avant de pouvoir récupérer. Y’a quoi à la radio ? Non, finalement, pas de beats, c’est bien aussi…

Didier Stiers

Didier Stiers

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3 commentaires

  1. Adrien

    30 janvier 2012 à 13 h 49 min

    Quand est-ce qu’on expliquera aux journalistes que c’est “Halles des Foires” et non “Hall” ou “Halls” ou que sais-je ?

  2. Ylonka

    30 janvier 2012 à 14 h 02 min

    Le titre de l’article résume à lui seul la richesse musicale de la soirée…

  3. red

    31 janvier 2012 à 11 h 48 min

    A part Annie Mac, rien de transcendant ou de transardent à ce festival. Et Modestep, c’était juste atroce.

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