posté le 14 février 2012 |
catégorie LES DISQUES

A 41 ans, La Grande Sophie revient avec « La place du fantôme », un sixième album très autobiographique. L’air de rien, comme ça, avec son rire franc, ses allures de bonne copine sympa, de grande Duduche de la chanson française, Sophie Huriaux, dite La Grande Sophie, s’est installée durablement dans notre paysage sonore.
Elle a aujourd’hui 41 ans et publie son sixième album. Bon, d’accord, les deux premiers albums de la chanteuse née à Thionville mais qui a grandi à Port-de-Bouc, près de Marseille, sont passés inaperçus. Mais depuis 2003 et son tube « Du courage », Sophie a réussi à imposer un style, une personnalité forte, radieuse et rock’n’roll à la fois.
Elle nous revient donc avec La place du fantôme, un album aux allures sombres, tout en noir et blanc, avec des textes tournant autour de la perte, de l’absence, voire de la mort : « Ce disque n’est pas morbide, nous a-t-elle confié. Disons qu’il est né de la période la plus douloureuse de ma vie. J’ai cherché une présence que je n’ai pas trouvée. J’ai mis le doigt sur mes angoisses, le temps qui passe, la peur de la mort. C’est un disque très autobiographique, oui. C’est un marque-temps dans ma vie. Ce n’est pas un décès mais juste un obstacle qu’il m’a fallu franchir, une rupture. J’avais besoin de savoir comment je ressentais des choses. »
Elle fait son âge
Si « Sucrer les fraises » parle de fait de la mort, on retrouve la même profondeur des sentiments dans « Tu fais ton âge » : « C’est une chanson miroir, avec beaucoup de tendresse. Pour un homme, c’est moins difficile à gérer le temps qui passe. Avec le métier que je fais, je dois y penser, renouveler mes tenues quand je fais des télés par exemple. C’est une obsession aussi, son image. Le fil conducteur de ce disque, finalement, c’est le chaud et le froid, le mélange des deux. »
Pour faire passer son message, Sophie s’est entourée d’un trio de producteurs arrangeurs qui jouent sur tous les morceaux, comme un véritable groupe qui, malheureusement, ne pourra l’accompagner sur scène : « Ce sont surtout des musiciens de studio. Je voulais quelque chose de très contrasté. On a peaufiné ensemble des couleurs plus marquées. Ça correspond à cette radiographie de moi coupée en deux. J’ai aussi voulu faire plus apparaître les basses-synthés, avec, parfois, ce son électro. »
Sophie confie aussi le lien très particulier qui la lie à la radio, dans « Ma radio » : « Je me réveille avec elle et elle me suit partout. J’écoute les voix et quand j’aime une chanson, je m’arrête pour savoir qui chante. J’aime les voix. Dans fantôme, il y a fantasme. »
Avec « Dans ton royaume », Sophie aborde ses « incontournables défauts » : « Je doute tout le temps mais c’est aussi mon petit moteur. Sinon, comme défauts, disons que je suis impatiente tout le temps. Pour le reste, je ne sais pas, il faudrait demander à l’homme avec qui je vis. »
Sophie a aussi un rapport intéressant avec les livres : « J’ai une relation particulière avec les livres. Ça me rassure d’en acheter beaucoup. J’en ai toujours toute une pile sur ma table de nuit. Parfois, je bute sur un mot et je passe à un autre où je rentre tout de suite. Je ne finis pas toujours par les lire tous mais j’aime qu’ils soient là. »
Pour le clip de « Ne m’oublie pas », Sophie a fait appel à la Belge Valérie Pirson. Révélée par son court-métrage de fin d’études (Pistache), la réalisatrice hutoise s’est ensuite fait remarquer en réalisant le clip de Tricky (« Council estate » en 2008) et « Elle panique » pour Olivia Ruiz. Et La Grande Sophie n’est pas seule à penser que Valérie est très douée.
La Grande Sophie sera au Cirque royal le 18 mai. Infos : www.botanique.be
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