Pablo Andres, soul au soleil exactement

Aux Octaves décernées mardi soir, Pablo Andres a reçu le prix des musiques urbaines, dans une catégorie où l’on retrouvait Dynamic, James Deano, L.E.G. et Veence Hanao. En janvier, le Bruxellois était sur la scène du Bota pour présenter Nino del sol, un album qui est curieusement son premier et, pour de l’urbain, tout aussi curieusement gorgé de soleil. Explication(s) ?

Deux « curieusement » pour le prix d’un, donc. Le premier parce que le parcours du garçon a, lui, commencé il y a un bon bout de temps déjà. Résultat sur la scène de la Rotonde : une setlist constituée des morceaux de l’album en question, et d’autres extraits d’une généreuse mixtape sortie en 2011 (Radio del sol, soit 25 titres composés à partir de samples, à télécharger pour peanuts). Le tout pimenté par la complicité d’invités. Jali, Senso (Joshua) et James Deano pour ne pas les nommer.

Notez, Nino del sol aurait dans un premier temps dû être une mixtape également, nous raconte Pablo. Mais le garçon n’aime pas faire les choses à moitié : quand il a eu la possibilité de travailler avec des musiciens, il n’a pas hésité et réuni le groupe qui l’entoure aujourd’hui (ils sont 12 sur le disque). « Du coup, le projet est devenu plus conséquent. Mais mené en indépendant, et sans gros fonds derrière. C’est quelque chose qu’il faut apprendre à gérer, et ça prend du temps. » Ajoutons qu’en cours de route, la sienne, de route, croise celle de Sir Samuel, du Saian Supa Crew… « Je lui ai fait écouter les titres déjà bouclés en studio, et il m’a proposé de se charger de la direction artistique de l’album. En plus de venir avec l’ingé son du Saian, pour retravailler le projet. Ce qui fait que nous sommes retournés en studio… »

Pablo Andres – Ils m’ont dit (feat. Sir Samuel)

Résultat ? Une galette et un live qui donnent à penser que le garçon est plus adepte des « vrais » instruments que des samples. Mais il corrige : « Je ne pense pas qu’il y ait « la » meilleure manière de faire. On peut arriver à des choses extraordinaires avec les machines qui existent. Et quand j’ai découvert le hip hop – j’étais tout jeune -, ça a été au travers d’artistes qui samplaient. » Précision : entre des parents plutôt chanson française, celle des Brel et des Gainsbourg, des Reggiani et des Brassens. « Ma mère (Ndlr: montée sur scène au Bota) écoutait de la musique traditionnelle mexicaine, de la salsa, des choses comme ça. J’ai découvert le rock vers 10 ou 11 ans, et puis le hip hop avec l’album de Public Enemy. »

Public Enemy – Black steel in the hour of chaos

Vinrent ensuite A Tribe Called Quest et d’autres du « collectif » Native Tongues (De La Soul, Jungle Brothers…). « C’est grâce à eux que j’ai découvert cette mine d’or qu’est la musique des années 70 avec la soul, le funk et le reggae. Alors, j’ai toujours eu ce rêve d’en faire à ma façon. Comme chez moi, où je passais d’un disque de A Tribe Called Quest à Al Green, Peter Tosh et un morceau de salsa. »

A Tribe Called Quest – I left my wallet in El Segundo

Sur scène, un micro, une platine, et des samples, ça le fait aussi. Mais… « Avec les musiciens, il y a un véritable échange qui se passe. Chacun met son âme dans son instrument, c’est plus riche… »

Didier Stiers

Didier Stiers

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