En mode acoustique : Dionysos

DRLe nouveau Dionysos, « Bird’N’roll ! » paraît fin avril. Rencontre et session acoustique avec un auteur qui vole haut.

Auteur de trois romans et chanteur du groupe Dionysos – le meilleur groupe de rock français, qu’on se le dise – Mathias Malzieu, depuis bientôt vingt ans, développe un univers fantastique cohérent, où tout se mêle. Livres, disques, concerts et bientôt film 3D de La mécanique du cœur, son œuvre méritait un passage, ce week-end à la Foire du livre.

Une visite qu’il a avancée d’un jour pour pouvoir rencontrer, à Paris, son idole Tim Burton, à qui la Cinémathèque consacre une expo. Mathias utilise tous les médias à sa disposition : « C’est avant tout raconter des histoires. J’avais envie de parler de ce jeune homme que j’ai inventé, Tom Cloudman, le plus mauvais cascadeur du monde. Depuis l’enfance, il a envie de voler. Il sait qu’il ne peut pas voler mais prend le risque de le faire quand même. Son rêve le plus absolu est de se métamorphoser en oiseau. C’est l’histoire de Métamorphose en bord de ciel. J’ai eu envie de connecter les chansons du groupe avec ça mais sans répéter la recette de La mécanique du cœur où on avait fait la bande originale du livre comme si c’était un film. Avec le même titre, la même chronologie… J’ai adoré ça mais je voulais changer d’axe en trouvant de nouvelles connexions. En composant les morceaux, on s’est rendu compte que c’était assez dansant, rock’n’roll des années 50 et 60. On a trouvé marrant d’inventer une danse entre les battements d’ailes d’un oiseau et le rock’n’roll. On a appelé ça le Bird’N’roll qui est censé être une danse magique qui crée des effets un peu surnaturels. »

Et là intervient Endorphine, (le nom de l’hormone du plaisir), une « femmoiselle » médecin qui soigne Tom Cloudman en lui donnant du plaisir. Tout comme Mathias, en studio, sur scène et dans ses livres, passe son temps à nous donner du plaisir : « Danser sur le Bird’N’roll provoque encore plus de plaisir. En période de crise, c’est bien d’inventer un médicament surnaturel auquel on ne croit pas bien sûr mais avec une dimension vraie car oublier un peu ses problèmes en faisant une activité physique ludique et en se mettant des masques, ça aide à vivre un peu mieux et à redevenir ce qu’on est, à savoir, à l’origine, des animaux qui ont envie de sauter partout, de se rouler par terre et de faire les idiots. On l’oublie en devenant des adultes responsables, avec un penchant intellectuel. En fabriquant une danse idiote et sexuelle, c’est une manière pour nous de se reconnecter aux instincts les plus rigolos. »

Derrière le plaisir, il y a la douleur, omniprésente dans l’œuvre de Mathias. La tumeur qui cloue au lit Tom Cloudman renvoie au deuil de la mère dans Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, le premier livre de Mathias : « J’aimerais, sans prétention, être un docteur magique. C’est d’abord se soigner soi-même de sa mélancolie, de ses faiblesses et ensuite balancer des bouteilles à la mer. Ça revient quand le public lit les livres ou vient aux concerts et ce sont ces moments magiques, impalpables, après lesquels je cours et c’est pour ça que je travaille comme un malade. »

Car parallèlement au livre et au disque, Mathias trouve encore le temps de réaliser le long-métrage en 3D de La mécanique du cœur (produit par Europacorps de Luc Besson) et une nouvelle, L’homme volcan, destinée uniquement à l’iPad (lire ci-contre).

Le chanteur-cascadeur a du mal à se cacher derrière Tom Cloudman : « Je me suis déjà cassé la jambe sur scène, plus trois claquages. Un ostéo m’a dit, après un concert assez violent, que mon corps lui faisait penser à un dalmatien bleu, tellement j’avais de bleus. C’est Tom hématome. Une histoire, c’est fascinant car on peut façonner la réalité comme on veut. Le conte est un refuge magique mais qui n’est pas seulement une fuite, c’est une façon de tordre la réalité et la rendre plus amusante et plus aventureuse. Jacques Brel faisait pareil en travaillant à son rêve, comme il disait de son métier. C’est superbe et j’y vais à fond. »

Mathias continue donc de travailler sur le film La mécanique du cœur : « Le studio qui fabrique les images a déposé le bilan, il a fallu en trouver un autre. C’est très long, j’y travaille depuis 2008 et on va le finir ailleurs, peut-être en Belgique pour certaines petites choses, pour qu’il soit terminé en 2013. On a gardé un très bon souvenir de notre participation à Panique au village, un très chouette film belge par des gens qu’on aime beaucoup. »

Dionysos sera au Botanique le 12 avril (c’est déjà complet) mais reviendra cet été aux Ardentes et à l’AB le 1/11.

Album de Dionysos : Bird’N’Roll ! (Universal). Sortie le 27 avril.

Métamorphose en bord de ciel, de Mathias Malzieu (chez Flammarion).


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1 commentaire

  1. VincentD

    26 mars 2012 à 11 h 40 min

    Rectification : le nouveau Dionysos soir ce jour et pas fin avril. Petite suggestion : il serait bon, pour une fois, que Thierry Coljon ne fasse pas la critique du concert de ce lundi au Trianon à Paris pour ne pas nous gâcher la surprise du concert du 12 avril à l’Orangerie…

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