Premier vrai album de hip-hop made in Belgium

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Les soirées Rewind proposées par l’AB ont pour but de revenir sur un groupe ou un artiste emblématique du paysage musical belge ainsi que sur son album le plus incontournable… Une ball dans la tête est aussi le premier du trio rap, précurseur à bien des égards. A un mois du concert, on retrouve Pee Gonzalez, Rayer et Smimooz dans une salle de répétition de Schaerbeek. Très détendus, est-il besoin de le préciser ?

Ce qu’on imagine peut-être moins, c’est que ces trois-là sont drôles. Suffit de le réécouter, ce disque, pour s’en rendre compte. Encore que : « C’est pas du Bigard, précise Pee, mais nous, ça nous fait rire. » Smimooz embraye : « Disons que c’est de la dérision. » Le premier reprend : « Il raconte ce qu’on a fait comme conneries, comme sales coups entre nous, mais avec des rimes. Si tu as un mot comme garde-champêtre, tu peux le faire rimer avec 9 mm. C’est humour et déglingue en même temps. »

N’allez pas en conclure que les deux emcees et leur DJ, renforcés par le Flamand DJ Grazhoppa, ont pondu n’importe quoi avec Une ball dans la tête ! Mais voilà, ils détestent se prendre au sérieux. Rien de pire que des gens qui disent des vérités vraies que tout le monde sait. « Il y a eu une période dans le rap américain, précise Pee Gonzalez (comptant aujourd’hui parmi les graffeurs qui exposent), où tout le monde se prenait très au sérieux. Les KRS-One, Public Enemy, tous ces gens… Ensuite est venue une phase détendue qui fait que nous ne nous sommes pas sentis “exclus”. Quand j’ai vu un Biz Markee pour la première fois, dans un clip où il est à l’école, tout gros et où il pleure dans un coin, je me suis dit qu’il y avait de la place pour ce genre de délire. On peut parler d’une soirée trop arrosée ou trop enfumée. »

Ce qui nous amène à cette génération de jeunes rappeurs qui poste et pose sur YouTube comme les grands, en épousant jusqu’au moindre cliché, jusqu’à la moindre attitude classique du genre. « Oui, mais à 14 ans, si tu ne te prends pas au sérieux, c’est que tu es déjà un putain de génie. Moi à 14 ans, je croyais vraiment qu’en regardant un verre, je pouvais le faire bouger. »

Smimooz le DJ et Rayer le MC se marrent… « Et j’ai essayé, quoi ! Quand je sortais d’un film de Bruce Lee, j’étais un mawashi, tu vois ? Je me suis pris pour Yoda, aussi. » Rayer corrige : « Jabba The Hutt ! » Et redevient sérieux quelques instants : « Dans le rap, il y a aujourd’hui proportionnellement autant de bonnes choses que de merdes qu’auparavant. Si ce n’est qu’à l’époque, c’était une scène plus réduite, et pour trouver le bon, il fallait creuser. Aujourd’hui, il faut toujours autant creuser, mais dans un univers plus vaste. C’est comme pour le rock : il y a des millions de mauvais groupes. Mais avec YouTube, ils arrivent chacun à avoir 200.000 vues. »

On parle encore de la créativité vachement cool d’un Tyler The Creator. Ou de ce que De Puta Madre aurait été s’il y avait eu internet en 1995. « Ben, on se serait tapé la honte mille fois. On tombait de scène, on se plantait dans les lyrics… On se vomissait dessus. On devait être lamentables, souvent. » Et de conclure que c’est bien que tout ça soit resté dans un souvenir flou, celui dans lequel naissent les mythes. « Aujourd’hui, les gens se disent : “Ils étaient superdangereux !” »

Le 10 mai à l’Ancienne Belgique.

http://www.myspace.com/deputamadrecrew

La critique du CD

DIDIER STIERS,

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1 commentaire

  1. Le Vecteur

    10 mai 2013 à 10 h 36 min

    https://www.facebook.com/events/612794318734496/?fref=ts

    IconAclass + Sole Ce samedi 11 mai 2013 au Vecteur – Charleroi

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