Une Nuit avec Neil Hannon… au Divine Comedy Club

Le trou de mémoire est la hantise du chanteur. Sauf s’il est irlandais, a mis sa plume au service d’une pop ciselée et adopte sans ennuyer un ton un peu désabusé. Samedi soir au Chapiteau, Neil Hannon a fait oublier ses défaillances de neurones avec style et humour.

« An evening with Neil Hannon », annonçait le programme… Né il y a 22 ans et des poussières, The Divine Comedy n’est plus un groupe à proprement parler depuis un bail, l’intéressé s’entourant ou non de musiciens au gré de sa fantaisie et de ses albums. Sur la scène du Chapiteau, ce samedi, Hannon est seul à la guitare et, le plus souvent, au piano.

Drôle d’endroit, pourrait-on se dire, pour apprécier un auteur tour à tour peintre social (« A lady of a certain age »), cultivateur de nostalgie (« At the indie disco ») ou auteur romanesque (« The summerhouse » en rappel). Reste que les lieux sont excellemment sonorisés, il convient de le répéter. Et qu’à défaut d’être combles, ils sont garnis par des connaisseurs. De ceux qui identifient les titres dès la première note. Ou qui réclament « a drinking song »… et s’entendre répondre que non, « pas de drinking song parce que les Belges ne comprennent rien au cricket ! »

Sous ce Chapiteau, ces mêmes connaisseurs aident donc aussi l’ami Neil à combler les trous surgissant ici et là dans l’une ou l’autre chanson. Comme « I like », par exemple. Ailleurs, il s’en charge en personne : avec une plaisanterie, un peu de yaourt, ou un « oh, fuck » quand il se plante dans une intro. Ce qui n’empêche pas un minimum de savoir-vivre, notez : « Merci, excusez-moi et à bientôt », s’exclame-t-il avant de quitter les planches et d’y revenir pour les rappels. Du coup, ce qui sur papier pouvait s’annoncer comme une soirée pop un brin austère ne lasse pas une seconde. L’art du bonhomme, quelque part cousin de celui que pratique un Jarvis Cocker, est intemporel et classique, classieux même en certaines occasions.

L’evening with Neil Hannon est pliée en 90 minutes. Juste le temps de filer à la Rotonde découvrir ce qu’il en est de François & The Atlas Mountains dont causent les gens qui savent les choses. Leur set s’achève, notamment en compagnie des Hoquets sur un tempo dansant comme de la house, de Françoiz Breut pour « Cherchant des ponts » et d’un « Be water » qui est à leur répertoire ce que « Surprise hotel » est à celui de Fool’s Gold. Avec, souvent, ce battement tribal et ces couleurs que l’on retrouvait voilà 25 ans dans le Graceland de Paul Simon. Pour se faire une idée, c’est court… mais François Marry sera, Montagnes de l’Atlas comprises, le 8 juillet aux Ardentes.

Didier Stiers
(photo: Pierre-Yves Thienpont)

Didier Stiers

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