La renaissance de Baxter Dury

Le fils du légendaire Ian Dury (The Blockheads) était hier soir aux Nuits Bota pour entonner son Happy Soup devant une Orangerie bien remplie.

Sa voix morne et plaintive a fait de Happy Soup un album à succès. Après deux premiers albums aux ventes désastreuses, Baxter Dury se rassure et trouve sa voie. Dans les loges du Botanique, c’est un dandy très british qui nous accueille. Son humour et sa vivacité contrastent avec le bonhomme nonchalant qui transparaît sur son dernier disque. La quarantaine bien frappée, le fils prodige revient sur ses échecs et le succès de son Happy Soup.

Un premier disque à 30 ans. Vous avez commencé à composer tardivement…
J’ai évité ce premier disque pendant longtemps. Je n’étais pas vraiment prêt. Parfois, tu as une espèce d’énergie négative qui fait que tu ne te lances pas.

Vous avez arrêté l’école très jeune pour partir en tournée avec votre père. C’est une enfance pour le moins inhabituelle !
Je ne sais pas pourquoi mais j’avais une tendance à ne pas vouloir étudier. J’avais du mal à sortir de ma bulle donc ça n’allait pas à l’école. Sans doute à cause de cette enfance peu commune. Je n’ai pas vraiment fait d’analyse de ce moment-là ; j’ai avancé à ma façon. Mais j’ai d’excellents souvenirs de mon enfance. Partir en tournée avec mon père c’était vraiment génial !

Comment avez-vous vécu l’échec de votre deuxième album ?
Je déteste mon deuxième album. Il est vraiment mauvais. Ta musique reflète l’état dans lequel tu es et j’étais vraiment dans un très mauvais moment de ma vie. Je n’ai pas fait cet album parce que j’avais envie mais parce que je devais rapidement sortir un disque. C’est pour ça que c’était une mauvaise idée. Quand tu fais quelque chose pour des raisons commerciales, ça ne peut être que raté. Tu n’es pas honnête envers toi-même. Je n’ai plus envie de refaire cette erreur comme The Cribs ou The Strokes ont pu le faire. Quand ça ne va pas, tu dois l’accepter. Si un disque ne fonctionne pas comme le précédent, il faut faire avec. C’est le jeu. Sur le deuxième album, je n’acceptais pas que je pouvais sonner comme mon père, qu’il y avait des aspects de ma musique qui venait de lui. Maintenant, j’accepte ça et j’ai fait mon dernier album de manière totalement honnête.

C’est pour cela que vous avez pris votre temps pour Happy Soup ?
Oui. D’autant plus que je devais sortir un album pour prouver au public qu’il avait raison de me donner une seconde chance. Quand tu déçois ton public avec un mauvais deuxième album, tu plonges forcément en dépression. C’est douloureux. Revenir gagnant est presque impossible. Il faut donner beaucoup de sa personne.

Cet album sonne-t-il comme une renaissance ?
Oui, certainement ! Je me suis lancé à corps perdu dans cet album. Je n’avais pas vraiment le choix non plus. Je ne sais pas faire autre chose. Je n’allais pas devenir infirmier ! C’était un album que je devais écrire pour survivre. Et quand tu fais les choses par instinct de survie, il ne peut en ressortir que du beau.

Vous avez trouvé votre propre manière de chanter pour ce troisième album ?
Je chante de manière plus honnête sur celui-ci. Sur les précédents, j’essayais des manières de chanter qui n’étaient pas moi. Je falsifiais un peu ma voix. Sur celui-ci, je chante comme je suis. Happy Soup sonne plus humain. Ça sonne comme s’il y avait peu d’efforts, comme si c’était facile. Mais je peux vous assurer qu’il y a un sacré travail là-dessus !

Pour vous, Happy Soup est-il un album joyeux ?
Ce sont surtout des émotions que j’ai vécues ces quinze dernières années. Parfois il y a des victoires mais souvent ce sont des échecs. Claire et Isabel sont des erreurs positives par exemple. Dans l’ensemble, les chansons sont positives mais si tu lis entre les lignes, il y a pas mal d’erreurs, de regrets.

Pensez-vous déjà à un nouvel album ?
Oui je vais commencer à écrire en juin. J’enregistrerai sans doute à la fin de l’été. Mais je ne fais pas trop de prédictions, je verrai bien ce qui vient à moi à ce moment-là. Puis souvent, les chansons peuvent prendre d’autres directions en studio. Ça ne sera pas le même disque parce qu’il n’y a pas d’intérêt à faire deux fois la même chose. Je continuerai juste à chanter de cette manière-là. C’est mon truc, je n’ai pas le choix. Si je change ma façon de chanter, je peux déjà ouvrir ma propre boulangerie ! (Rires).

Maïlys Charlier

Les photos de la soirée de ce jeudi


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1 commentaire

  1. roydanvers

    21 mai 2012 à 17 h 58 min

    Superbe concert! Baxter Dury est un des artistes à ne rater sous aucun prétexte! RDV à Dour…

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