Charlotte Gainsbourg en Mockasin

A l’affiche des Nuits Botanique, la chanteuse française a donné vie à Stage whisper, une tournée concoctée sur la pointe des pieds aux côtés du Néo-Zélandais Connan Mockasin. Sur scène, l’improbable duo drape sa pop d’une blancheur éternelle. Délicate et aérienne.

Un samedi soir sur la terre. Ce n’est pas la grande foule dans les travées du Cirque Royal. La tournée commune de Charlotte Gainsbourg et Connan Mockasin ne fait pas le plein. Mais le public présent attend beaucoup de la rencontre entre ces deux artistes atypique. Chanteuse héréditaire, timide et éternelle novice, la Française est, cette fois, servie par le magicien Mockasin et ses musiciens : une équipée psychédélique de moumoutes excentriques. Apprêté comme une colonie de fantômes, le groupe débarque sur scène tout de blanc vêtu. Charlotte se glisse derrière le piano. Elle est resplendissante. A sa gauche, Connan embarque sa guitare sous sa coupe de lutin warholien. Entre aspirations rock et électroniques, le concert s’envole sur « Terrible angels », titre d’ouverture de l’album Stage whisper, prétexte à cette double échappée scénique.

A travers cette tournée, Charlotte Gainsbourg semble se faire plaisir, réussissant à chasser l’anxiété maladive qui hantait autrefois ses prestations. Aujourd’hui, elle se fond dans la masse, joue la carte du collectif et se glisse sous des arrangements différents. Son univers entame un dialogue avec celui de Connan Mockasin. Et quand la France et la Nouvelle-Zélande jouent au Cirque, la pop s’amuse de quelques mélodies inespérées. En suspens entre les voix fluettes de ses deux protagonistes, le show ne s’embarrasse d’aucune contrainte : il va et vient dans la discographie de Charlotte (d’une chanson écrite par papa aux dernières résonances électromagnétiques de l’album IRM), s’autorise une reprise de David Bowie (« Ashes to ashes ») et s’offre quelques incursions sur les terres délicates de Connan Mockasin (« It’s choade my dear » ou l’impeccable « Forever dolphin love »).

Ici, l’effacement naturel de Charlotte Gainsbourg s’épanouit pleinement. Entre des refrains gracieusement chuchotés aux côtés de Mockasin et quelques envolées délicates au piano, la chanteuse se risque un moment à la batterie. Elle s’oublie et le temps passe. Toujours très vite en agréable compagnie. Les deux artistes réussissent là une fusion de leurs univers respectifs. C’est beau et, sans doute, appelé à se reproduire, Connan Mockasin étant pressenti à la production du prochain album de Charlotte Gainsbourg. Le concert s’achève, mais l’histoire continue.

Nicolas Alsteen
(Photo : Sylvain Piraux)

 

Didier Stiers

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4 commentaires

  1. Corto

    20 mai 2012 à 16 h 25 min

    Très loin de la totale réussite de sa tournée précédente, due essentiellement aux musiciens de Beck, un concert mou du genou, flanbyesque, qui n’a quasiment jamais décollé; les absents n’ont pas eu tort.

  2. Luc

    20 mai 2012 à 17 h 00 min

    Charlotte Gainsbourg & Connan Mockasin aux Nuits Botanique : compte rendu (aussi) sur Minuit Dix : http://www.minuitdix.be/archives/2012/05/20/24302682.html

  3. roydanvers

    21 mai 2012 à 17 h 53 min

    Quelle déception! Charlotte Gainsbourg n’est vraiment pas faite pour la scène… Aucune présence, aucun charisme, l’ennui. Heureusement Conna Mockasin a eu un peu d’espace pour puiser dans son propre répertoire. Superbe (mais trop court!). Ses arrangements pour Charlotte Gainsbourg étaient eux loin d’être à la hauteur. Effectivement, les absents n’ont pas eu tort.

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