Electric Guest : Be-Pop-A-Lula

Révélation pop du printemps, Electric Guest a porté les hits ondoyants de son premier album (Mondo) sous la boule à facettes du Botanique. Histoire de faire scintiller les Nuits et de danser. Vite et bien.

Quand on débarque sous les voûtes de la Rotonde (à peine remis du show monumental de Willis Earl Beal), le public est déjà en transe, conquis par les mélodies radieuses et insidieuses esquissées par les quatre garçons (dans le vent) d’Electric Guest. C’est que les gars viennent de sortir un chouette disque. Baptisé Mondo, il sent les virées sous le soleil, les franches rigolades entre potes et les nuits prolongées autour d’un barbec’ bien arrosé. Cet album, mis en son par la moitié de Gnarls Barkley, l’inégalable Danger Mouse (Gorillaz, The Rapture, The Black Keys), est une bande-son profilée pour l’été. En attendant les beaux jours – les vrais –, les Californiens ont fait monter la température d’un cran.

Emmené par l’intenable Asa Taccone, un gringalet élancé comme une anguille à la diète, Electric Guest maîtrise parfaitement son sujet. Sorte de croisement génétique entre les Bee Gees, MGMT et Broken Bells, le groupe fond sur les mélodies avec un enthousiasme communicatif. A voir Taccone se déhancher dans son polo immaculé, on se dit que ce mec s’est toujours rêvé en pop star. On l’imagine bien en train de gesticuler devant le miroir. Juste pour se mâter, peaufiner ses expressions et fantasmer des groupies en délire. Monté sur des ressorts, le chanteur d’Electric Guest se lance sporadiquement dans une sorte de danse des canards 2.0 avant de rebondir comme un lapin électrique dopé aux Dextro Energy. Ce mec est une pile. Fan anonyme de George Michael et Boy George, il tire sur toutes les cordes sensibles de la pop. Autour de lui, les musiciens assurent le train. C’est efficace et euphorique. Si l’orage gronde toujours à l’extérieur, les tubes pleuvent à l’intérieur : « Under the gun », « American daydream » ou l’irrésistible « This head I hold » s’achèvent sous un tonnerre d’applaudissements.

This head I hold @ Nuits Botanique, 20/05/12

Tête d’affiche de la soirée, Electric Guest regagne les loges après une performance d’une quarantaine de minutes. C’est court. Trop court pour le public qui, remonté à bloc, réclame un rappel. Après plus de dix minutes à hurler, frapper des pieds et des mains, l’audience se disloque. Une partie quitte la salle, l’âme en peine. Une autre entame sa révolution : les gens sifflent, s’excitent. Ils s’impatientent, mais ne désarment pas. Agacée, une fille grimpe sur scène et, c’est du jamais vu, commence à piller le matos du groupe. En plein braquage de micros, elle est (sur)prise la main dans le sac par le retour des déserteurs. Electric Guest s’excuse de ne pouvoir en faire plus (l’album ne compte que dix chansons). Les adieux passent par un slow, dégoulinant et langoureux, joué devant une salle vidée de ses deux tiers. En véritables romantiques, les musiciens promettent un nouveau rendez-vous à la Belgique. S’ils tiennent leur engagement, on tient le pari : leurs prochains concerts sont promis aux foules (sentimentales).

Nicolas Alsteen

 

Didier Stiers

commenter par facebook

1 commentaire

  1. Michel

    21 mai 2012 à 20 h 33 min

    Sympa SI ET SEULEMENT SI on supporte la voix de fausset et la gestuelle maniérée du chanteur

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>