Veence l’urbain et l’Oxmo chanteur

Les Nuits, c’est fini ! Mais avant que le Salon, sold out pour l’occasion, ne redevienne Musée, nous sommes allés y écouter Veence Hanao et Oxmo Puccino, manieurs de mots impénitents. Des mots qui font rire ou flipper, selon les cas.

Avec Veence Hanao, l’histoire commence désormais comme ceci : une nuit, à la sortie d’un bar, sous la pluie et dans l’orage… L‘errance sur le pavé n’est pas que drôle, les souvenirs qui s’égrènent ne sont pas tous heureux. Dans les rues qu’il arpente, il y a aussi ces ivrognes inquiétants. Des vieux types aux mains baladeuses. Et un Mickey Mouse qui sent le rance comme un rêve d’ascension sociale impossible à réaliser.

Aux machines, laptop et percus, Rémi Zombeck souligne les atmosphères nocturnes. L’espace est plus confiné, alors le son claque parfois sous la voûte. Au 140 en janvier, on les avait retrouvés dans un décor de mannequins de vitrine. Ici, c’est plus minimaliste encore. Veence Hanao trimbale une lampe : « Gros budget », ironise-t-il. « Bel effort », lâche quelqu’un. « On donne tout », répond Veence. Qui empoigne ensuite une batte pour son tryptique sur la violence. La tension se fait moins électrique avec « Steroïd man ». Ou « Chasse et pêche ». Il avise le squelette de serpent géant enroulé autour d’une des colonnes du Musée : « Quand ça se pose sur ton balcon, ça change tes projets de la nuit. »

C’est clair, Veence Hanao est plus détendu ce soir qu’il y a quelques mois. Peut-être un peu plus « rap » dans l’esprit, et plus près du public, qu’il va à deux reprises chercher entre les chaises et les fauteuils. Son tour de « Manège », lui, se termine avec un remixe de « Kick snare bien », et « Scapa », pour aider à la catharsis. Les amateurs de vrai whisky savent pourquoi.

Pour un peu, on se verrait bien écouter Oxmo Puccino un verre de single malt à la main, tiens ! Entre violoncelle (Vincent Segal) et guitare acoustique (Edouard Ardan), le rappeur se fait conteur de petites histoires. Voire chanteur, à textes et pas de variétés. « Le cactus de Sibérie », « J’ai mal au mic », « Mon pèze », « L’enfant seul » : dépouillés de leurs beats, les textes ne perdent pas de leur caractère pour autant, mais c’est peut-être aussi parce que le gaillard les joue, les interprète de toute sa grande carcasse.

On peut éventuellement ne pas succomber entièrement à cette slamisation de son répertoire. Préférer l’Oxmo Urbanicus à l’Oxmo assagi. Trouver un petit air de déjà entendu à son couplet sur « Paname ». Reste que ce râteau qu’il chante avec préciosité (« Pas ce soir… ») fait mouche. Que l’harmonie qu’il entretient avec ses musiciens est parfaite ; ils sont même un plus pour le spectacle (vous avez déjà vu scratcher un violoncelliste ?). Et terminer cette soirée en deux temps porté par quelques vibes positives laissera de ces Nuits 2012 un bon souvenir de plus.

Didier Stiers
(Photos: René Breny)

 

Veence Hanao
Oxmo Puccino

 

Didier Stiers

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